CO N°1367 (14 mars 2026) – Trinidad-et-Tobago – Eldorado capitaliste et… pression des gangs

L’état d’urgence a été à nouveau décrété pour 15 jours depuis le 4 mars dernier à Trinidad-et-Tobago. La dernière période d’état d’urgence remontant à juillet 2025 avait duré six mois.

Le gouvernement entend ainsi faire face aux actions des gangs puissamment armés et à leurs menaces visant policiers, magistrats ou agents pénitentiaires.

Le procureur général de Trinidad parle de « bandes criminelles (qui) ont intensifié leur déchainement de violence à une telle échelle que cela a entrainé de nombreux morts lors de fusillades de masse et c’est appelé à se poursuivre. »

Trinidad et Tobago, est un archipel des Caraïbes situé à quelques kilomètres des côtes du Venezuela. Une population de 1,3 millions habitants y vit. Indépendant depuis 1962 et membre de la Caricom, il connait un développement économique important, principalement grâce à ses richesses en pétrole et en gaz. Cette activité industrielle est exploitée par des grands groupes internationaux tels que BP, SHELL, etc. et locaux, et aussi des entreprises françaises telles que Perenco ou Schlumberger. Les taxes payées par ces grands groupes alimentent les caisses de l’État trinidadien, certes. Mais l’essentiel des profits vont dans les poches des actionnaires des grands groupes et de la bourgeoisie locale qui  en ramassent les miettes. Ainsi la fortune de la famille Perrodo propriétaire de Perenco, deuxième plus important groupe pétrolier français après TotalEnergies, est estimée à 8 milliards d’euros en 2022.

Pendant ce temps, une grande partie des jeunes des quartiers populaires végète dans la précarité et la pauvreté qui a augmenté ces dernières années. 17 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Les gangs prolifèrent sur fond de trafic de drogues et d’armes, d’extorsions et de règlements de compte violents. Ils recrutent parmi les jeunes marginalisés auxquels ils offrent une source de revenus. De plus de cent groupes organisés en gangs et de 2000 membres en 2022, ils seraient passés à 200 et plus en 2024. Et ils continuent de croitre.

Voilà la situation qui est à la base de la prolifération des gangs et de toutes leurs nuisances sociales.

Alors il est probable que les états d’urgence successifs et autres mesures répressives prises par  la nouvelle Première ministre Mrs Kamla Persad-Bissessar, par ailleurs soutien de Donald Trump, ne modifiera en rien la situation.