CO N°1364 (31 janvier 2026) – Relaxez et libérez les grands frères !

Le 26 janvier s’est ouvert à Fort-de-France le procès dit des « Grands frères », poursuivis pour leur rôle supposé lors des grandes mobilisations de novembre 2021 en Guadeloupe.

Les treize prévenus sont jugés en Martinique, à la suite d’une délocalisation décidée par la justice. Un choix qui dit déjà la volonté de l’État de tenir ce procès à distance de la population concernée.

Ces événements avaient éclaté en pleine crise sanitaire, contre l’obligation vaccinale imposée aux soignants et les suspensions sans salaire. Mais ces mobilisations ne peuvent pas se réduire qu’à ça. La jeunesse des quartiers populaires exprimait surtout une colère accumulée depuis des années : chômage massif, précarité, mépris permanent des autorités. C’est cette situation explosive qui a conduit à des nuits d’émeutes, auxquelles l’État a répondu par l’envoi massif de forces de police et du GIGN.

Quelles que soient les responsabilités de chacun, ce que cherche surtout la justice, c’est à faire passer une révolte sociale pour du crime organisé. En désignant quelques figures comme coupables, l’État espère faire oublier que cette explosion de colère trouve son origine dans des années de chômage, de précarité et de mépris envers la population des quartiers populaires.