CO N°1378 (10 octobre 2026) – Guadeloupe – Les marins-pêcheurs sont en colère

Le 28 septembre, des marins-pêcheurs regroupés en intersyndicale ont rencontré le préfet Thierry Devimeux, sur le port de pêche de Sainte-Rose pour lui faire part de leur mécontentement.

Ils dénoncent l’arrêté préfectoral signé en juillet 2025, qui encadre la pêche de certaines espèces comme le lambi et restreint l’utilisation de certains engins jugés peu sélectifs. Ces restrictions sont adoptées au nom de la protection des espèces et de la préservation des ressources.

Les pêcheurs se sentent lésés par ces restrictions qui les empêchent de vivre décemment de leur métier. Ils estiment que les pertes peuvent aller jusqu’à 70 % de leur activité.

D’autant qu’ils ont subi plusieurs calamités ces dernières années : la pollution au chlordécone a limité les zones de pêche, puis le fléau des algues sargasses empêche les bateaux de circuler en période d’échouement et enfin un nouveau phénomène, la progression des algues rouges qui se développent dans les fonds marins et perturbent certaines espèces de poissons. Sans compter les algues s’accrochant et obstruant directement les filets et les casiers de pêche.

Le 28 septembre, le préfet était venu pour écouter les pêcheurs mais surtout pour dire qu’il n’y aura pas de changement concernant l’arrêté restrictif.

Il y a quelques mois, les marins-pêcheurs avaient bloqué le chenal de Pointe-à-Pitre pour se faire entendre. Ils promettent de prochaines actions spectaculaires de ce type s’ils n’ont pas gain de cause.

Dans la chaine alimentaire du système capitalisme, les gros industriels de la pêche engrangent les profits tandis que les petits marins-pêcheurs se font manger.
Bouch ay chapé… (Sa langue l’a trahi…)

Lors de la rencontre avec les pêcheurs, le préfet a asséné : « Si vous me parlez créole, c’est un manque de respect pour moi ! ». Il s’est senti obligé de s’excuser dès le lendemain dans une vidéo.