CO N°1378 (10 octobre 2026) – Arabie saoudite – Macron s’en va-t’en guerre ?

Macron a annoncé le 24 septembre qu’il allait envoyer des troupes en Arabie saoudite pour protéger le port de Yanbu, sur la Mer Rouge. C’est un port très important pour les installations pétrolières du pays, qui se trouve à l’extrémité d’un oléoduc qui traverse le pays d’Est en Ouest.

Suite au blocage du détroit d’Ormuz, la Mer Rouge devient la seule alternative pour évacuer la production du pays par la voie maritime. Mais il se trouve que les Houthis, alliés des Iraniens, qui contrôlent une bonne partie du Yémen, bloquent le détroit de Bab-El-Mandeb, au sud de la Mer Rouge, et ont commencé à bombarder les installations saoudiennes, car l’Arabie soutient militairement le pouvoir yéménite officiel.

Les Saoudiens comptaient sur les USA de Donald Trump, mais ce dernier, empêtré dans sa guerre contre l’Iran, leur a dit de se débrouiller. Alors Macron, comme pour la guerre en Ukraine, essaie de jouer les gros bras et propose un appui militaire, avec des avions Rafale, des soldats et des systèmes de défense. Il prétend qu’il s’agit d’une intervention purement « défensive » ! Les frontières françaises seraient-elles menacées ? En fait, c’est surtout pour l’approvisionnement en pétrole, dont celui de la compagnie Total, qu’il est inquiet.

Par ailleurs, il cherche sans doute à remporter un marché pour le groupe Dassault, qui produit les avions Rafale. En 2025, il avait déjà servi de démarcheur, mais au dernier moment, les Saoudiens avaient annulé la commande de 54 Rafale au profit d’avions américains ou allemands.

Le but officiel est de faire baisser le prix du pétrole, mais le résultat est loin d’être acquis. Comme l’ont fait remarquer certains, la France pourrait bien être considérée comme « cobelligérante » et subir des attaques à son tour. Mais Macron, tout comme en Ukraine, tient à jouer les va-t-en-guerre.

Voilà un président et un gouvernement qui ne cessent de se lamenter sur la dette de l’État, mais qui ne rechignent pas à engager des opérations militaires coûteuses et inutiles. Et bien entendu, à faire payer la facture aux travailleurs et aux pauvres.