CO N°1380 (7 novembre 2026) – Brésil – Après la victoire de Lula

Il était devancé par son adversaire, Flavio Bolsonaro à l’issue du premier tour. Mais Lula a effectué une remontée inattendue de 4 millions de voix. Il obtient 51,79% des voix et Bolsonaro 48,21%.

Lula est âgé de 81 ans. Il s’apprête à exercer son quatrième mandat présidentiel. Il a ainsi été président de janvier 2003 à décembre 2010, puis à nouveau en janvier 2023. Dans l’intervalle, le père de Flavio Bolsonaro, Jair Bolsonaro, a dirigé le Brésil. Les deux appartiennent à l’extrême droite, pro Étatsunienne. Ils sont proches de Trump, qui a accueilli Bolsonaro fils et sa famille à Miami après leur fuite du pays au lendemain des élections.

Lula est un ancien syndicaliste de la métallurgie qui a dirigé d’importantes grèves à l’époque de la dictature militaire qui a sévi entre 1964 et 1970. Il affirme que « le Brésil ne se rangera jamais dans le jardin de personne », tenant ainsi tête aux États-Unis.

Lors du premier tour des élections, on a pu remarquer une abstention importante dans les zones les plus pauvres du Brésil. Entre les deux tours, Lula a revalorisé la « Bourse familiale », une allocation versée aux plus démunis. Il a également baissé la durée hebdomadaire du travail de 44 à 40 heures. Cela a pu décider nombre d’abstentionnistes. Mais la déception des classes pauvres vis-à-vis de ce gouvernement de gauche est perceptible.

Le Brésil a connu un certain développement au cours des mandatures de Lula, qui a pu permettre certains programmes sociaux. Mais depuis 2015, le pays a été touché par la crise et est entré en récession, accentuée par la crise du covid. La grande pauvreté touche de nombreux habitants, les inégalités sociales sont profondes. Le racisme touche violemment Noirs et Métis qui sont les premières victimes du chômage et des meurtres policiers et sont la majorité des emprisonnés.

La victoire de Lula a soulagé beaucoup d’anti Bolsonaro. Mais elle ne fait pas de lui le président des travailleurs et des pauvres.