Le sept février 1986, la population en révolte chassait le dictateur Jean-Claude Duvalier et poursuivait les Tontons Macoutes, ses hommes de mains exécuteurs sanguinaires de la répression.
La poussée de la jeunesse en révolte, appuyée par les paysans, soutenue par l’Église au travers des comités, Ti Komité Légliz (TKL), mettait fin à 40 ans de dictature de la famille Duvalier père puis fils.
La population laborieuse des campagnes et des villes a formé le plus gros des troupes de cette révolte mais ce sont les possédants, bourgeois, petit-bourgeois, qui au final ont bénéficié de ce soulèvement. Ils permirent à divers représentants d’accéder à la présidence : des politiciens, un curé, un chanteur, un économiste, une partie de la panoplie des serviteurs de la classe possédante a été passée en revue. Ils se sont tous appuyés sur des bandes armées pour se maintenir au pouvoir ; après les tontons macoutes il y a eu les verts olive, les zenglendos, les chimères, entre autres.
Les derniers en date se sont affranchis de leurs commanditaires et les chefs de bandes sont devenus des chefs de gangs qui ont décidé de profiter de leurs exactions directement sans intermédiaire. Ainsi les gangs tuent, mettent la population sous le joug dans la capitale et plusieurs départements et ils restent impunis. Les possédants composent avec eux et continuent l’exploitation des travailleurs à l’abri du gouvernement.
Ce 7 février 2026 le Conseil Provisoire de Transition a terminé son mandat. Cette présidence tournante a permis à certains partis et industriels d’avoir un temps de passage à la gouvernance. Elle a été organisée en avril 2024 par l’administration américaine. Certains politiciens ont tenté de rester en poste pour continuer d’en profiter, ils n’ont pas reçu l’aval de l’administration américaine. Trois navires de guerre américains croisant au large de la capitale, leur a imposé de respecter cette décision.
Alix Didier Fils-Aimé a été nommé premier ministre. Ce gouvernement, comme ceux mis en place depuis la chute de Jean-Claude Duvalier, est là pour entériner les décisions prises dans les intérêts de la bourgeoisie locale.
Les propositions du premier ministre pour l’année à venir l’illustrent : « sécurité, dialogue politique, stabilité », avec la perspective d’élections débutant au mois de juin. D’autres promesses rabâchées à la population laborieuse qui s’y est habituée. Mais parmi les travailleurs certains ne sont pas dupes et se posent la question de construire les moyens pour défendre leurs intérêts eux-mêmes.