Suite à la mise en cessation de paiement de la compagnie, il fallait impérativement un repreneur pour que la compagnie puisse poursuivre ses activités. Le seul candidat sérieux était Pierre Sainte-Luce, dirigeant du groupe Manioukani, qui possède plusieurs cliniques et l’hôtel Arawak.
Il a promis d’apporter 10 millions d’euros via un groupe d’investisseurs, dont 4 millions disponibles immédiatement. On parle d’une association avec la compagnie haïtienne Sunrise Airways, qui opère dans la Caraïbe et a une certaine expérience. Mais n’étant pas basée dans l’Union européenne, elle ne peut gérer seule les lignes entre les Îles du Nord et les Antilles françaises.
La décision définitive du tribunal doit être rendue le 5 mars, c’est-à-dire très rapidement. Cette offre, bien qu’excluant la desserte de Saint-Barth (ce qui implique une diminution du personnel) est une petite lueur d’espoir pour le personnel, la compagnie étant en cessation d’activité depuis début décembre 2025. Mais la cause est loin d’être acquise : en effet, l’aspect financier, s’il était résolu, n’est pas la seule condition exigée par le tribunal. L’un des principaux obstacles est la décision de la DSAC (Aviation Civile) concernant la réattribution du CTA (Certificat de Transport aérien). Outre les aspects techniques concernant la viabilité et la sécurité des vols, la DSAC exige une réorganisation administrative. C’est d’ailleurs cette condition qui a motivé le dernier blocage. Sans vouloir défendre la compagnie dont la gestion est quelque peu opaque, on a un peu l’impression que l’administration est loin de favoriser la présence d’une compagnie qui ferait concurrence aux « gros bras » que sont Air Caraïbes et Air France, qui sont en situation de quasi-monopole sur la ligne entre Saint-Martin, Guadeloupe et Martinique, et dont les tarifs sont plutôt élevés.
Dans toute cette affaire, ce sont les 117 salariés qui paient déjà les pots cassés d’une situation dont ils ne sont aucunement responsables, rien ne leur étant reproché du point de vue professionnel. Mais dans cette société capitaliste, la qualité du travail est loin d’être une priorité.