CO N°1366 (28 février 2026) – France – Après la mort d’un militant d’extrême droite

La mort d’un jeune à Lyon le 14 février, n’a pas seulement clos un affrontement entre antifascistes et militants d’extrême droite, elle a ouvert une séquence d’exploitation politique d’une rare brutalité.

Militant catholique intégriste, proche des royalistes et engagé dans des cercles identitaires, Quentin Deranque assurait le service d’ordre des militantes racistes pseudo-féministes de Némésis venues perturber la conférence de Rima Hassan (France insoumise). Quelques rues plus loin, l’affrontement éclatait. Les circonstances exactes restent à établir, mais le récit dominant, lui, était prêt, avant même la fin de l’enquête.

Politiciens et éditorialistes ont pointé l’« ultragauche », désignant des coupables et, au passage, un responsable politique tout trouvé : La France insoumise, qui pourtant, n’est qu’un simple parti de gauche parlementaire. Car rappelons que la seule perspective que propose Mélenchon, c’est de lui donner le pouvoir… La Droite, l’Extrême droite et aussi certains responsables socialistes, jusqu’à François Hollande, ont rivalisé d’amalgames, évoquant une « responsabilité morale » ou des « milices ». Neuf personnes ont été arrêtées, et déjà on réclame l’interdiction de conférences et des mises au ban parlementaires. La mort d’un militant devient ainsi l’argument d’une offensive destinée à criminaliser toute contestation un peu combative. En particulier pour pointer du doigt la mobilisation contre la politique génocidaire à l’encontre du peuple palestinien.

Pourtant depuis des années, ce sont des groupes d’extrême droite qui sèment violence et intimidation. À Lyon comme dans d’autres villes françaises, librairies et locaux militants ont été attaqués, des réunions sur la Palestine prises d’assaut, des personnes frappées, tuées pour leurs origines. Nombre de ces agressions n’ont débouché sur aucune condamnation. Aucun mot dans les médias, ou à l’Assemblée. Cette indulgence nourrit un sentiment d’impunité. Dans un tel contexte, des groupes se disant « antifascistes », décident d’aller affronter physiquement des jeunes fascistes en herbe. Ce n’est pas la méthode que nous préconisons pour vaincre ces groupes d’extrême droite et la montée de leurs idées. Mais on peut les comprendre.

 

Le lynchage du militant d’extrême droite a été récupéré pour en faire un martyr, aussi bien par l’extrême droite, que par le camp de Macron.         Aujourd’hui on transforme sa mort en attaque contre les mouvements syndicaux, associatifs ou politiques qui contestent l’ordre établi. La surenchère contre LFI vise à intimider, à isoler, à faire taire tous ceux qui luttent contre la montée réactionnaire. Elle vise en définitive aussi l’ensemble du monde du travail !