CO N°1366 (28 février 2026) – Guadeloupe – Carrière de Deshaies : les tribunaux ont choisi leur camp

Ce jeudi 19 février 2026, le tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté la requête des victimes de l’éboulement du 3 décembre 2024 qui avait causé la destruction de deux maisons et de la route.

Cette requête visait à faire cesser les tirs de mine à la carrière de granulats de Guyonneau.

Les tirs pourront donc continuer au grand dam des riverains. Pourtant, le rapport final du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) daté du 18 décembre 2024, parle de « possible fatigue des terrains, de qualité géotechnique médiocre, liée à l’activité sismique répétée des tirs de mines ». La montagne risque de complètement s’effondrer.

À la suite de ce rapport, le 15 janvier 2025, le tribunal avait ordonné la cessation des tirs.

Mais la pression exercée par la Société antillaise de granulats (SADG), qui exploite le site, doit être plus forte que le bon sens.

La SADG fait partie du groupe Audemard qui possède des carrières dans l’Hexagone, en Martinique, en Guyane, à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie. C’est donc une grosse entreprise.

On sait comment les gros capitalistes peuvent influencer les magistrats, les élus, les hauts fonctionnaires quand il s’agit de défendre leurs intérêts.

Le scandale du chlordécone aux Antilles est un exemple de cette complicité entre le gros patronat et l’État qui avait accordé des dérogations d’utilisation alors que le produit était interdit depuis longtemps pour sa dangerosité.

Aujourd’hui, 94% de la population est contaminée. Les ouvriers agricoles tombent les uns après les autres à cause des cancers liés au chlordécone.

Une cinquantaine de salariés et de petits entrepreneurs dépendent actuellement de la carrière pour vivre. Des solutions de reclassement peuvent leur être proposées par les services de l’État, la mairie et la communauté d’agglomération.

La santé des êtres humains doit passer avant les profits des grands groupes capitalistes !