CO N°1367 (14 mars 2026) – 8 mars : journée internationale de lutte des femmes

Le 8 mars est souvent présenté comme la « journée des femmes ». Elle est marquée par des discours officiels, des opérations symboliques et des récupérations de toutes sortes. Pourtant, son origine, ce sont les luttes du mouvement ouvrier et les combats socialistes du début du XXᵉ siècle.

Cette journée internationale est née des mobilisations de femmes travailleuses qui se battaient à la fois contre leur exploitation et contre leur oppression.

L’une des figures centrales de l’histoire du 8 mars est la militante socialiste allemande Clara Zetkin. Dès la fin du XIXᵉ siècle, elle défend l’idée que l’oppression des femmes est indissociable de leur condition de travailleuses exploitées. Pour elle, l’émancipation des femmes ne peut être obtenue sans une transformation profonde de la société.

En 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, Clara Zetkin propose la création d’une journée internationale de mobilisation pour les droits des femmes. L’objectif est d’organiser chaque année des manifestations pour défendre le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité politique et sociale. Cette proposition est adoptée par les déléguées socialistes venues de nombreux pays.

Les premières journées internationales des femmes donnent lieu à de grandes mobilisations. Des milliers de femmes participent à des meetings et à des manifestations pour revendiquer leurs droits. Aux côtés de Zetkin, des militantes révolutionnaires comme Alexandra Kollontaï ou Rosa Luxemburg défendent l’idée que les femmes de la classe ouvrière doivent s’organiser et participer pleinement aux luttes sociales et politiques.

Mais c’est en Russie que cette journée prend une dimension historique. Le 8 mars 1917, les ouvrières de Petrograd déclenchent une grève massive contre la guerre, la faim et les conditions de vie imposées par le régime tsariste. Cette mobilisation s’étend rapidement aux ouvriers puis aux soldats et marque le début de la Révolution russe, la plus grande victoire de la classe ouvrière.

Ainsi, le 8 mars n’est pas seulement une date symbolique : il est directement lié à l’une des plus grandes révolutions sociales de l’histoire. Il rappelle que les droits des femmes n’ont jamais été accordés spontanément, mais qu’ils ont été arrachés par les luttes collectives.

Aujourd’hui encore, il ne s’agit pas seulement de commémorer, mais de continuer de se battre. Dans tous les pays, les femmes subissent encore les inégalités salariales, la précarité ou les violences. Dans d’autres elles n’ont aucun droit, sont objets de la dictature et de leur mari.

Se souvenir de l’origine du 8 mars, c’est rappeler qu’il s’agit avant tout d’une journée de lutte, née dans le mouvement ouvrier et tournée vers l’émancipation sociale. C’est surtout affirmer que cette lutte ne s’arrête pas à la conquête des droits, car dans la dictature bourgeoise, l’inégalité sexiste demeure. Cette lutte doit se poursuivre jusqu’au renversement du pouvoir en place.