CO N°1368 (28 mars 2026) – Martinique – Transaglo : les chauffeurs en lutte pour leur salaire

Depuis le mardi 17 mars 2026, les chauffeurs de cette société sont en grève. Ils demandent une augmentation de salaire de 300 euros nets par mois, l’arrêt des représailles antisyndicales menées par le gérant depuis leur grève d’avril-mai 2025, ainsi que l’arrêt de la méthode managériale de la secrétaire administrative.

Pour se faire entendre, les grévistes ont dans un premier temps installé un piquet à l’entrée de la voie donnant accès au centre de maintenance de la RTM (Régie des transports de Martinique) à l’Étang Z’Abricots, ne permettant aucune sortie de bus. Puis, face à l’obstination et aux propos du gérant du Transaglo, face au silence des responsables autant politiques qu’administratifs de Martinique Transport, ils ont installé un second piquet au Lareinty, devant le centre de maintenance des BHNS. Ils ont aussi mis sur pied un comité de grève pour mener leur grève et prendre leurs décisions.

Dès le mercredi 18, on a entendu un représentant du PPM, élu de la CTM, parler de « prise en otage des usagers », un refrain éculé souvent utilisé, chaque fois que des travailleurs ayant un rôle essentiel et incontournable dans la société se mettent en lutte. Et on a même entendu que la demande de 300 euros net d’augmentation était exagérée. Ce n’est pas l’avis d’autres chauffeurs exerçant dans d’autres sociétés de transport venus leur apporter leur soutien et de quoi tenir sur le piquet.

Après plusieurs jours de grève, le silence des politiques vient du fait que dès septembre 2025, un nouveau marché des transports des passagers dans la zone centre (CACEM) aurait dû entrer en application dans le cadre d’une délégation de service public (DSP). Cela aurait permis une harmonisation des droits sociaux, et en particulier des rémunérations. Cette évolution n’est toujours pas faite. Et aujourd’hui les chauffeurs de Transaglo n’entendent pas faire les frais de l’incapacité des responsables de Martinique Transport à gérer cette DSP. Et ils ont parfaitement raison.

Les grévistes ayant décidé de suspendre leur mouvement durant le week-end du deuxième tour des élections municipales, l’ont repris dès le lundi 23 mars au matin.

Ils ont publié une déclaration appelant les autres chauffeurs à les rejoindre dans la lutte et restent déterminés.