« Un bombardement économique de l’infrastructure ». C’est ainsi que deux élus démocrates américains en visite à Cuba ont défini la politique menée par Trump. Après 5 jours passés dans l’île, ils ont eu un aperçu, sans doute superficiel, du drame causé par l’aggravation du blocus économique exercé par les États-Unis.
Certes les élus démocrates n’ont pas de leçon à donner. Que ce soit sous gouvernance démocrate ou républicaine des États-Unis, l’embargo a perduré, créant son lot de difficultés, tout comme la volonté de faire rentrer ce pays récalcitrant dans la sphère des chasses gardées des USA.
Jusqu’ici, la majeure partie du pétrole brut livré à Cuba venait du Venezuela. Mais depuis l’enlèvement de Maduro en janvier dernier, la situation s’est considérablement aggravée. Les États-Unis interdisent toute livraison de pétrole, menacent de sanctions les pays qui continueraient à livrer à Cuba. Des navires de guerre croisent dans les environs pour décourager toute tentative de forcer le blocus.
Les conséquences sont terribles : toute l’économie du pays est bloquée, ainsi que les activités quotidiennes. Les transports, la santé, l’éducation, l’agriculture sont touchés. Les drames les plus criants affectent le domaine hospitalier : opérations non réalisées faute d’électricité, couveuses pour prématurés inutilisables, comme les respirateurs artificiels… Des patients meurent à cause du blocus.
Un super tanker en provenance de Russie a réussi à livrer sa charge de brut. Mais il faudra au moins un mois pour raffiner ce pétrole et livrer le gazole. La quantité livrée ne sera suffisante que pour deux semaines.
Le gouvernement cubain appelle à « un dialogue bilatéral sérieux et responsable ». Il a libéré 2 000 prisonniers au titre de sa bonne volonté. Mais ce que veut le gouvernement des États-Unis, c’est une soumission. Il prend la population cubaine en otage, cherche à la pousser à se révolter contre le gouvernement.
Mais malgré la guerre que lui mènent les États-Unis, la population cubaine semble trouver en elle-même les ressources pour résister. Même si elle ne soutient pas forcément un régime autoritaire et de plus en plus corrompu, elle n’est pas prête à céder à l’impérialisme.