Le 27 mars la justice administrative française a reconnu la faute de l’État français pour ne pas avoir mis en œuvre les moyens susceptibles d’éclairer les circonstances précises de la mort des tirailleurs africains massacrés par l’armée française en 1944.
Durant la seconde guerre mondiale les tirailleurs sénégalais servirent de chair à canon. Une fois rentrés ils furent parqués dans le camp de Thiaroye près de Dakar. Pour s’être révoltés afin d’obtenir le paiement de la solde qui leur était due en tant que soldats, l’armée française n’hésita pas à les mitrailler le 1er décembre 1944. Durant des décennies ces assassinats furent cachés par l’armée française qui n’hésita pas à mentir et à falsifier nombre de documents.
Ce crime étant prescrit, aujourd’hui l’État ne peut plus être condamné pour ces massacres commis de sang-froid. C’est donc seulement pour la dissimulation des circonstances du massacre que le fils d’un de ces tirailleurs a pu obtenir une condamnation. Le tribunal a reconnu ainsi que dans les années qui ont suivi le massacre, l’État français avait délivré de fausses informations à sa famille en indiquant qu’il avait déserté, que sa solde lui avait été intégralement versée et que les tirs des soldats étaient justifiés. Cette condamnation ne rendra pas justice aux dizaines de soldats assassinés par l’armée française mais elle permet au moins que soit étalé au grand jour un des très nombreux crimes commis par l’impérialisme français.