La dette publique de la France à la fin du premier trimestre 2026 se monte à 3 536 milliards d’euros. Un chiffre qui donne le vertige. Et le gouvernement s’en sert pour nous expliquer qu’il faudrait se serrer la ceinture.
Cinquante-quatre milliards d’euros d’économies sont annoncés pour le budget 2027. Mais qui va payer ? Le gouvernement voudrait nous faire croire que ce sont les dépenses pour la population, les services publics, qui posent problème.
Alors il parle de « redressement des comptes ». Il affirme vouloir éviter que le déficit dérape. La dette serait une sorte de catastrophe naturelle obligeant la population à faire des sacrifices.
Les retraités sont mis à contribution. Le gouvernement envisage de geler la pension de base de ceux touchant au moins 2 034 euros par mois, et de la faire progresser moins vite que les prix pour les retraites entre 1260 et 2034 euros. Même une pension à 2000 euros ne fait pas d’un retraité un privilégié quand il faut payer logement, alimentation, énergie et parfois aider ses proches. Pour la majorité qui touche moins de 2000 euros, la vie deviendra encore plus difficile.
Le gouvernement peut appeler cela « redressement des comptes » ou « freinage des dépenses » plutôt qu’austérité. Pour ceux qui subiront les conséquences, cela ne changera pas grand-chose. Une économie sur une aide, un remboursement de médicament, une pension ou un service public c’est une économie faite sur le dos de la population.
Alors, où trouver l’argent ?
Certainement pas en demandant encore aux travailleurs de choisir entre remplir leur réservoir d’essence et remplir leur frigo. Certainement pas en laissant les services publics se dégrader pendant que les grandes entreprises accumulent les profits.
Les richesses existent. Elles sont produites chaque jour par des millions de travailleurs. Mais elles sont accaparées par une minorité qui possède les entreprises et décide de leur utilisation en fonction de ses profits.
Quand le prix du carburant augmente, c’est le plein de la voiture qui coûte davantage, le trajet pour aller travailler qui devient plus cher, les déplacements des aides à domicile, des infirmières, des artisans, des agriculteurs ou des pêcheurs qui pèsent toujours plus lourd. Et derrière le carburant, ce sont les prix de toute une série de produits et de services qui suivent.
Mais pendant que la population paie, les grands groupes continuent d’engranger des milliards. Même en bloquant les prix dans ses stations, TotalEnergies bat record sur record de profits : 11,2 milliards d’euros de bénéfices au premier semestre 2026.
Voilà le monde dans lequel on nous demande de faire des économies.
Quand il s’agit d’assurer aux travailleurs les services qu’ils ont obtenus par leurs luttes, l’État explique qu’il n’y a pas d’argent. Mais lorsqu’il s’agit de soutenir les grandes entreprises, les milliards sont là : subventions, exonérations de cotisations, crédits d’impôt, aides diverses…Au moins 211 milliards par année !
Ce n’est donc pas la population qui doit payer pour une dette dont elle n’a pas décidé l’usage et dont elle n’est aucunement responsable. Ce sont les capitalistes, ceux qui possèdent et profitent de l’économie, qui ont les moyens de payer.
Et surtout, les travailleurs ont les moyens de refuser d’être dépouillés. Car sans eux, rien ne fonctionne : ni les hôpitaux, ni les écoles, ni les transports, ni les entreprises, ni les services essentiels. C’est sur leur exploitation que le grand patronat réalise ses immenses profits.
Face aux attaques qui se préparent, il faudra se défendre collectivement. Ne pas accepter que chacun se retrouve isolé à compter ses euros disparus à la fin du mois. Ne pas laisser les patrons et les gouvernements nous opposer les uns aux autres.
La dette, les prix, les retraites, les services publics : derrière toutes ces questions, il y en a une seule. Qui doit décider de l’utilisation des richesses produites par la société ?
Aujourd’hui, ce sont les possédants qui décident. Aux travailleurs de leur contester ce pouvoir.