Samedi 17 octobre, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute la France : 550 000 selon le ministre de l’Intérieur, 800 000 selon les participants. Quel que soit le chiffre, cela fait vraiment beaucoup de monde.
Beaucoup de gens qui en ont ras-le-bol de la vie chère – c’était le mot d’ordre du rassemblement – mais aussi de tous les maux que nous inflige cette société : pauvreté, chômage, exploitation et mépris au travail, services publics inexistants ou dégradés…
Cette mobilisation du 17 était une continuation du mouvement lycéen et étudiant entamé depuis la mi-septembre. Parti d’un lycée de Créteil, il a rapidement gagné la majorité des lycées et universités de France. Le 6 octobre, 400 000 lycéens et étudiants ont manifesté en France avec des enseignants et des parents. Les jeunes posent des revendications qui concernent leurs conditions d’études : manque d’enseignants, locaux insalubres ou dégradés, difficultés ou impossibilité d’intégrer un parcours universitaire du fait du barrage de parcoursup. Mais plus largement, les pancartes et les mots d’ordres expriment leur révolte face à un avenir fait de précarité, de la menace de guerre ou de catastrophe climatique. La violence déployée contre les lycéens est à la hauteur de la crainte éprouvée par les dirigeants face à la révolte populaire. Mains arrachées, yeux crevés, tabassages… c’est la réponse de l’État à l’angoisse des jeunes.
Le 17, c’est donc une population révoltée, de tous âges qui s’est retrouvée dans la rue. En marge des manifestations, il y a eu des dégradations de bâtiments publics dans les grandes villes, dont la mairie de Limoge, qui a été incendiée, et des pillages de magasins. À Paris, le journal Le Parisien a parlé de scènes « quasi insurrectionnelles ». Ce sont surtout ces images que retiennent les médias. Ces dégradations n’apportent rien aux revendications des manifestants. Elles sont cependant le signe de la rage désespérée d’une partie de la jeunesse, celle des banlieues les plus pauvres, qui n’a plus rien à perdre.
La journée du 17 a marqué un premier pas. La colère est vive et le mouvement pourrait gagner en ampleur. De nouvelles manifestations sont d’ores et déjà programmées. C’est la seule voie à suivre pour se faire respecter et empêcher l’État de nous dépouiller toujours plus au profit des riches capitalistes.