En Guadeloupe et en Martinique, les avocats sont confrontés à un scandale financier après la découverte de pertes importantes liées à une gestion hasardeuse de l’argent qui leur est confié à l’issue des procédures judiciaires.
En Guadeloupe, environ 24 millions d’euros manquent dans les caisses. En Martinique, les pertes sont estimées entre 15 et 18 millions d’euros.
Cet argent, issu notamment d’indemnisations après un licenciement, de décisions de justice ou d’accords entre parties, ne va pas directement aux personnes concernées. La loi impose qu’il soit d’abord déposé dans une CARPA, une caisse gérée par les avocats, chargée de conserver les fonds jusqu’à leur versement définitif. Cette caisse est présentée comme une garantie de sécurité pour les sommes déposées.
Mais la CARPA ne se contente pas de conserver l’argent. Le système autorise ces caisses à utiliser les fonds pour réaliser des placements financiers pendant la période où ils sont bloqués. Les intérêts générés ne sont pas reversés aux personnes auxquelles l’argent est destiné. Ils servent au fonctionnement des barreaux et de la profession d’avocat. Ceux qui attendent leur indemnisation n’ont aucun pouvoir sur ces décisions ni sur les risques pris avec leur argent.
Comme on peut le voir dans cette affaire, les gains profitent encore aux gestionnaires… tant qu’ils rapportent ! Tandis que les pertes concernent ceux que la justice prétend défendre!