CO N°1377 (26 septembre 2026) – Guadeloupe – Distillerie Montebello : après le drame le mépris de la direction

Le 24 juillet, l’explosion de la chaudière a provoqué la mort de deux travailleurs. Trois autres ont été très gravement brûlés.

C’est un drame majeur qui laisse des familles dans le désespoir, des ouvriers et des voisins profondément marqués à vie. Maintenant, les dirigeants de la distillerie souhaitent rouvrir et recommencer la production !

Ils portent une lourde responsabilité car la dangerosité de l’usine était connue et avait été l’objet de recommandations des organismes publics (DEAL, Préfecture). Ils n’ont montré aucune empathie vis-à-vis des familles et des victimes, mais ils pensent avant tout à sauver leurs profits !

Le jour même du drame, la direction a informé les ouvriers profondément choqués de sa volonté de placer l’entreprise en redressement judiciaire, ce qui a été effectif le 7 septembre. Puis le 17 septembre, elle a convoqué les ouvriers dans les bureaux de la société pour élire un représentant des salariés dans le cadre de cette procédure. Le traumatisme est si profond que des ouvriers et des voisins ne peuvent pas passer devant l’usine sans ressentir une boule au ventre. Et c’est dans les locaux mêmes que la direction organise la réunion !

D’autant plus que par un arrêté préfectoral d’urgence daté du 4 août, le site doit être sécurisé avant toute utilisation. Il est interdit d’accès aux personnes non autorisées en raison de la présence d’alcool et de produits chimiques pouvant provoquer un nouveau désastre. La préfecture a imposé la prise immédiate de mesures de sécurité. Cet arrêté a-t-il fait l’objet d’un retrait ? En tout cas, les dirigeants manifestent leur priorité : reprendre dès que possible une activité lucrative pour eux.

Selon certains observateurs, cette direction a continué à vendre l’alcool stocké en dépit de la cessation de paiements. Elle envisage une reprise de l’activité au mois de novembre.

Ce drame a ému de nombreuses personnes en Guadeloupe, et principalement les travailleurs des entreprises qui savent qu’aller au travail, c’est trop souvent risquer sa vie pour la gagner. Les ouvriers de Montebello doivent toucher les salaires qu’ils ont perdus et les familles et les victimes doivent être indemnisées. Ils ont droit au soutien de tous.