CO N°1378 (10 octobre 2026) – Éditorial – Vive les actions lycéennes ! Elles nous montrent la voie !

Depuis le 21 septembre des milliers de lycéens se sont mobilisés devant leurs établissements. Le mouvement a commencé par les lycées de la région parisienne en particulier des banlieues ouvrières de Seine-Saint-Denis. Les lycéens de Guadeloupe et de Martinique et des Outre-mer sont aussi mobilisés pour que soient résolus des problèmes qui s’aggravent d’année en année.

Des lycéens et lycéennes ont bloqué l’entrée de leur établissement. Commencé le 1er octobre au lycée de Bellevue à Fort-de-France en Martinique et à celui de Gerville Réache à Basse-Terre en Guadeloupe, le mouvement s’est propagé dans plusieurs lycées le 5 octobre : aux Abymes, à Sainte-Anne, Morne-à-l’Eau et Petit-Bourg, à Fort-de-France, à Ducos, à Kourou…

Ils dénoncent notamment le manque d’enseignants, des classes et des emplois du temps surchargés, l’absence d’infirmière dans certains lycées, et le manque de moyens. Ils ont brandi des pancartes et chanté des slogans réclamant plus de professeurs, de médecins, d’infirmiers, des toilettes avec des portes, une plus longue pause pour déjeuner, des moyens pour travailler dans de bonnes conditions.

Face aux revendications, le gouvernement répond par le mépris social et la répression. La police multiplie les arrestations, des jeunes manifestants ont été gazés, violentés par les forces de répression (matraquage, charges violentes). Un jeune a été défiguré par un tir de grenade lacrymogène, un lycéen a été gravement atteint à l’œil, un autre a eu une main arrachée par une grenade.
Cette colère légitime est le reflet d’une dégradation des conditions de vie. C’est la conséquence de la politique d’austérité menée par les précédents gouvernements de gauche comme de droite et qui se poursuit avec Macron. La pénurie touche le système éducatif comme l’ensemble des services publics qui se dégradent de manière accélérée. Le gouvernement prévoit de réduire la dette publique de l’État et de faire 54 milliards d’euros d’économies sur le dos des exploités. Le projet de budget 2027 envisage de supprimer 1588 nouveaux postes d’enseignants à la prochaine rentrée. Les salaires des fonctionnaires, la prime d’activité et les pensions des retraités seront gelés, entre autres mesures. Il compte aussi supprimer l’abattement fiscal de  10 % pour un certain nombre de retraités.

La mobilisation de la jeunesse doit servir d’exemple pour tous les travailleurs, qui ont aussi toutes les raisons de se mobiliser, de faire grève. Il est temps que ce mouvement qui a démarré dans la jeunesse se propage dans le monde du travail. Les prix à la pompe flambent depuis plusieurs mois. Dans certaines stations en France les prix frôlent les trois euros le litre alors que les capitalistes de ce secteur réalisent d’énormes profits : TotalEnergies a réalisé 11,2 milliards de profits pour le premier semestre 2026 soit 72 % d’augmentation. Les factures d’électricité augmentent ainsi que les prix de l’alimentation. Le gouvernement fait la guerre aux classes populaires, aux travailleurs, aux retraités et aux chômeurs. Pas question pour ce gouvernement de toucher aux profits des capitalistes pour renflouer les caisses. Et pourtant la distribution des dividendes a atteint des records en France. Les 40 plus grandes entreprises françaises en 2025 ont reversé 107 milliards d’euros à leurs actionnaires.

La jeunesse nous montre la voie pour ne pas se laisser plumer par le patronat. L’argent est bien là : dans la poche des capitalistes. Exigeons de meilleurs salaires, pensions et allocations. Il faut que des femmes et des hommes qui par leur travail font fonctionner la société se fassent entendre. Que la colère exprimée par les étudiants et les lycéens s’étende aux travailleurs et à l’ensemble de la société.