Le premier tour des élections présidentielles s’est déroulé le dimanche 4 octobre. Le président en exercice, Ignacio Lula Da Silva, de gauche : 45,16 % est devancé par son rival d’extrême droite Flavio Bolsonaro : 47,03 %.
Lula, âgé de 80 ans, se présente pour un quatrième mandat. Flavio Bolsonaro est le fils ainé de Jaïr Bolsonaro, d’extrême-droite, qui a été président de 2019 à 2023. Lors des élections présidentielles d’octobre 2022, Lula avait obtenu au deuxième tour 50,90 % des voix contre 49,10 % à Bolsonaro père. Ce dernier avait alors fomenté une tentative de coup d’État avec projet d’assassinat de Lula, pour lequel il a été ensuite condamné à 28 ans de prison.
Pour les élections de cette année, les sondages donnaient Lula et Bolsonaro fils au coude à coude. C’est donc le second qui arrive en tête, consolidant la montée de l’extrême-droite en Amérique Latine. Plusieurs pays ont basculé à droite ces dernières années : l’Argentine, avec Javier Mileï, le Salvador, la Colombie avec Abelardo de la Espriella, le Chili, le Honduras…
L’ingérence des États-Unis fait son œuvre. L’ambition de Trump est entre autres de reconquérir sa sphère d’influence en Amérique latine, par différent moyens, y compris la force, comme on a pu le constater avec l’enlèvement de Maduro au Venezuela en janvier 2026. La hausse des droits de douane de 50 % sur les échanges entre le Brésil et les États-Unis a contribué à l’affaiblissement de l’économie au Brésil, qui est durement ressenti par la population. Le Brésil est un gros exportateur de café et de viande vers les USA.
Le Brésil connait de graves difficultés économiques, du fait de la crise qui affecte l’ensemble de l’économie capitaliste. Au Brésil comme ailleurs, ce sont les plus pauvres qui en subissent les plus graves conséquences. Ce ne sont plus les seules classes favorisées qui ont voté Bolsonaro, mais aussi des pauvres déçus par un gouvernement de gauche qui n’a fait que semer des illusions. À titre d’exemple, le gouvernement Lula a concédé à quatre multinationales l’exploitation de champs pétroliers proches de l’Amazonie.
Le retour au pouvoir de l’extrême-droite dans une Amérique latine soumise à l’impérialisme américain et dépecée par ses grandes compagnies capitalistes ne pourra qu’empirer les conditions de vie des plus pauvres. La seule voie possible pour échapper aux illusions et au chaos est la prise du pouvoir par les travailleurs eux-mêmes !