Le 25 octobre dernier, le préfet avait convié le collectif NLP (Nou Las Palé, Nous sommes fatigués de parler) à une rencontre. Mais le collectif ne s’y est pas rendu faute de convocation en bonne et due forme, dit-il.
En conférence de presse le 28 octobre, les représentants du NLP ont de nouveau réclamé cette rencontre.
Ce collectif constitué d’environ 16 organisations est un regroupement d’associations, d’artisans, de marins-pêcheurs, d’agriculteurs et de syndicats patronaux. Le Collectif de défense mobile (LCDM) mené par Hubert Quiaba est partie prenante ainsi que José Gaddarkhan, grand patron local et président de la Fédération Régionale du Bâtiment et des Travaux Publics (FRBTP). Certains patrons ont depuis quitté le NLP : Alex Bandou de l’Union des producteurs de la Guadeloupe (UPG), Alan Nagam, président de la FTPE (Fédération des Très Petites Entreprises) et Dominique Virassamy, président de Sauvez Nos Entreprises Guadeloupéennes (SNEG).
NLP met en avant douze revendications concernant notamment l’eau, le prix des carburants et la vie chère. Ils dénoncent aussi les difficultés des entreprises surtout celles du commerce et du BTP.
La 14 octobre, le NLP avait commencé des barrages routiers, bloquant toutes les entrées de la zone industrielle et commerciale de Jarry, ainsi qu’une partie de la route nationale de Moudong Sud à Baie-Mahault.
Des jeunes des quartiers populaires se sont fait entendre en bloquant leur quartier au Gosier, à Sainte-Rose, Sainte-Anne, Capesterre-Belle-Eau, à Basse-Terre, n’hésitant pas à affronter les gendarmes et à tirer à balles réelles. Des commerces ont été pillés et incendiés.
Désormais, les barrages sont moins nombreux et sont systématiquement levés par les gendarmes. Le 31 octobre, un barrage au rond-point de la Boucan à Sainte-Rose a été érigé par des membres du NLP et rapidement dégagé.
Les revendications du NLP concernant la vie quotidienne des classes populaires sont justes et ont le soutien d’une partie la population. Mais dans ce collectif, un certain nombre de patrons, parmi les plus gros de l’île, défendent leurs propres intérêts.
Les petits patrons sont ceux qui sont les plus en difficulté. Ils veulent sauver leur peau. Tandis que d’autres sont bien mieux lotis comme José Gaddarkhan. D’ailleurs, il vient d’obtenir la mise en redressement judiciaire de trois de ses sociétés. Des salariés ont dénoncé ses pratiques : il ne paie pas les salaires en temps et en heure, il ne paie pas les caisses de retraite et de congés payés de ses salariés alors qu’il acquiert des biens et des propriétés en Guadeloupe et dans la Caraïbe.
En demandant l’effacement de ses dettes sociales et fiscales, Gaddarkhan veut maximiser ses profits. En 2013, il avait bloqué Jarry avec des camions conduits par des ouvriers de son entreprise. Il avait obtenu l’effacement de 20 millions d’euros de ses dettes. Puis il avait licencié 20 ouvriers dans la foulée.
Défendre soi-disant la Guadeloupe ne veut pas dire défendre les intérêts des classes populaires. Les intérêts du grand patronat diffèrent de ceux des salariés.
Il n’est nullement question pour le NLP de revendiquer des augmentations de salaire puisque ce sont les intérêts du patronat qui priment dans ce collectif.
C’est pourquoi nous ne soutenons pas le NLP en tant que tel.
Nous appelons les travailleurs à se regrouper pour défendre leurs propres intérêts et à se mettre en grève pour exiger des augmentations de salaire.