CO N°1380 (7 novembre 2026) – Guadeloupe – La colère des salariés de José Gaddarkhan

Le PIGE TV, un média d’information local et numérique de la Guadeloupe, a publié sur les réseaux sociaux le témoignage de trois salariés d’un grand patron du BTP, José Gaddarkhan, l’un des leaders du collectif  « Nou las palé ».

Bernard, représentant du syndicat FO, a souligné qu’ « il n’y a pas de NAO (Négotiations annuelles obligatoires, depuis 14 ans), pas d’évolution de carrière, il y a des manquements au niveau de la médecine du travail. La CIBTP (Caisse de congés payés du bâtiment et travaux publics) n’est pas à jour. Les salariés n’ont pas pris de congés depuis quatre ans. Les congés payés ne sont pas versés aux salariés. Les charges sociales et fiscales ne sont pas payées. Ce sont des salaires différés non donnés aux salariés… L’entreprise SGEC (Société guadeloupéenne d’enrobés à chaud) est la première sur le marché grâce à notre travail… Le patron s’est enrichi, il possède des terres et des biens dans la Caraïbe. »

Rodrigue, membre du CSE, ajoute que « des organismes censés défendre les droits et le bien être des travailleurs, notamment l’inspection du travail n’a aucune réaction. Nous avons envoyé des courriers avec accusé de réception, nous avons délégué un avocat. Nous nous sommes déplacés, nous avons dû entrer en force. Une dame nous a finalement reçus, on a remis nos documents, on n’a toujours pas de réponse… On observe depuis septembre que les matériaux sont chargés dans de gros camions, on ne sait pas où ils vont. Ces matériaux utilisés pour les chantiers comme le sable, le gravier, le bitume sont vendus. »

Jean Louis, membre du CSE, affirme qu’« un bon nombre de camarades ont fait des burn-out, il y a des démissions en cascade. Certains ont dû chercher du boulot ailleurs pour assurer leur avenir. On a tous un crédit, un loyer à payer, on touche un salaire en deux mois, c’est compliqué. On ne peut pas y faire face. Face à cette situation, on dénonce notre souffrance à la SGEC. La plupart des ouvriers sont multitâches mais on n’est pas payé pour ces multitâches. C’est encore un manque à gagner. Monsieur Gaddarkhan se sert de nos compétences, de notre force de travail sans nous payer. »