En mai 2024, dans l’affaire dite de la SODEM (Société de Développement de la Martinique), le tribunal correctionnel de Fort-de-France avait rendu une décision condamnant uniquement deux directeurs, mais épargnant tous les élus politiques. Le procureur avait fait appel du jugement.
Le dossier est revenu devant la Cour d’appel jeudi 22 octobre 2026. Dans cette affaire, la justice pointe des délits de favoritisme et de recel de favoritisme dans la gestion des marchés confiés à la SODEM. Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM (Collectivité territoriale de Martinique), Jean Crusol, ancien président de la SODEM et Athanase Jeanne-Rose, ancien président de la CFTU sont notamment mis en cause. Dans l’affaire, près de 4 millions d’euros destinés à dédommager les riverains délogés pour permettre le passage des deux voies sur TCSP (transport en commun en site propre) à Sainte-Thérèse se sont évaporés et les riverains concernés n’ont jamais vu la couleur de l’argent, alors que les fonds avaient bien été débloqués.
En première instance, deux « lampistes » ont été sanctionnés et des responsables politiques ont été épargnés. Lors de l’audience en appel, le procureur a redemandé la condamnation des politiques à des peines d’amende et de prison avec sursis.
Cette affaire est un vrai scandale. Ceux qui ont été grugés, ce sont des pauvres du quartier qui ont fait confiance à ceux qui leur ont fait des promesses. Ce dossier provoque un certain dégoût dans la population. Il est à l’image de la société dans laquelle nous vivons : tolérante vis-à-vis des plus fortunés et de ceux qui sont au pouvoir, sans pitié pour la population pauvre.