Candidate aux élections municipales de mars 2026 dans la commune de Pointe-à-Pitre.
J’ai 63 ans, je suis née à Paris et je suis la benjamine d’une famille de cinq enfants. Mes parents ont quitté la Guadeloupe dans les années 50 un peu avant le Bumidom pour trouver du travail en région parisienne. Ils travaillaient tous deux, comme la majorité des Antillais, dans la fonction publique, ma mère étant agent hospitalier. Elle travaillait de nuit et je l’ai vue assumer pendant plusieurs années le rôle de mon père absent, en effectuant une triple journée.
J’ai été bercée par le « roman familial » de deux familles de militants. Mon grand-père paternel docker syndiqué à la CGT sur le port de Basse-Terre, côtoyait le parti communiste. Mon grand-père maternel était engagé en politique à Marie-Galante et mon oncle, jeune étudiant militant dans le groupe « La Vérité », a été grièvement blessé pendant les évènements de mai 1967.
Élevée dans le 94, très jeune j’ai été révoltée par les injustices et le racisme que nous subissions du fait de notre couleur de peau. Plus tard, lycéenne en Guadeloupe, j’ai de nouveau été confrontée au racisme de jeunes blancs qui l’avaient déclaré publiquement en l’écrivant sur leurs chaussures. Choquée et une fois de plus révoltée, je pris part à la protestation des jeunes qui s’ensuivit. Cette mobilisation m’a conduite à militer à Combat ouvrier, non seulement contre le racisme mais aussi contre toutes les tares de la société capitaliste.
J’ai effectué mes études dans les années 80 à l’université de Nanterre (15 ans après les évènements de mai 68) tout en faisant mes premières armes en tant que militante communiste révolutionnaire, dans l’émigration. Puis revenue passer des vacances en Guadeloupe en 1985, j’ai décidé de rester militer en Guadeloupe pendant « l’affaire Faisans ».
Je suis employée de France Travail depuis 1992, je côtoie des travailleurs privés d’emploi qui ont de plus en plus de difficulté à vivre. Dans les grèves comme dans les autres bagarres, il s’agit toujours pour moi de faire grandir parmi les travailleurs la conscience que, d’une part, les reculs que nous subissons ne sont pas dus au hasard mais à la guerre de classe acharnée que nous mène le grand patronat. D’autre part, si nous, travailleurs, faisons tout fonctionner dans cette société, nous pouvons aussi la diriger.