La répression menée par le régime des mollahs aurait fait plus de 30 000 morts en 48 heures lors du soulèvement déclenché fin décembre et écrasé tout au long du mois de janvier.
À ce bain de sang s’ajoutent des milliers d’arrestations : manifestants, jeunes des quartiers populaires, étudiants, mais aussi médecins et soignants accusés d’avoir porté secours aux blessés. Le pouvoir a cherché à étouffer la contestation par les balles, après avoir coupé tout internet.
Cette révolte est le produit d’une crise économique profonde. L’inflation galopante a fait exploser les prix des produits alimentaires, de l’énergie et des loyers. Cette situation a été aggravée par l’embargo imposé par les États-Unis, rétabli après que Donald Trump a rompu unilatéralement en 2018 l’accord signé en 2015 sur le nucléaire iranien. Cet accord prévoyait un contrôle international du programme nucléaire en échange d’un allègement des sanctions. En le déchirant, Trump a contribué à étrangler l’économie du pays, faisant payer le prix de sa politique aux travailleurs et aux pauvres d’Iran, tandis que les dirigeants du régime protégeaient leurs propres intérêts. Ainsi, les fameux gardiens de la révolution qui ont été les principaux acteurs de la répression, protègent un système dont ils sont des piliers et qui les rétribue par des postes, des privilèges et un accès direct aux richesses du pays, y compris aux revenus du pétrole.
Au moment où nous écrivons des négociations sont en cours, sous médiation turque, entre Washington et Téhéran. Pourtant, les 13 et 14 janvier, Trump affirmait encore soutenir les manifestants iraniens et les encourageait même à protester contre le régime. Ce que l’impérialisme américain veut réellement, c’est que le régime renonce à l’enrichissement de l’uranium, limite ses missiles et rompe avec ses alliés régionaux, autrement dit la soumission complète aux exigences de l’impérialisme américain. Téhéran cherche de son côté, une levée réelle des sanctions qui étranglent l’économie, tout en conservant son programme nucléaire civil et en préservant son appareil de pouvoir.
Le régime est affaibli, haï par une population meurtrie. Mais pour les travailleurs iraniens, aucune négociation menée par les grandes puissances, au-dessus des cadavres encore chauds de leurs frères et sœurs de classe, ne peut être une solution. Leur avenir ne peut venir que de leur propre lutte, contre la dictature et contre une misère aggravée par les calculs des puissants.