CO N°1365 (14 février 2026) – Le procès des « Grands frères »

Le procès dit des « Grands frères » se termine bientôt à Fort-de-France. Il s’agit du procès de huit jeunes manifestants de novembre 2021 considérés comme les meneurs.

Les émeutes urbaines de Pointe-à-Pitre se sont déroulées entre les 26 et 28 novembre 2021. Elles ont explosé dans un contexte de manifestations et de barrages organisés au départ par les syndicats et certains partis politiques. Combat ouvrier était partie prenante du mouvement général.

La colère était due à la protestation contre la répression qui frappait tous ceux qui s’opposaient à la vaccination anti covid. Très vite les jeunes des quartiers se sont joints au mouvement et ont décidé d’agir de leur côté.

Lors des deux nuits d’émeute, on assista à des incendies, des  pillages, des tirs. Il y eut même des tirs à balles réelles sur les forces de l’ordre. Combat ouvrier a reproché aux jeunes ce type d’actions tout en soutenant leur révolte. Et c’est un vrai miracle qu’il n’y eut pas de morts des deux côtés, car l’État avait fait venir des détachements du Raid et du GIGN.

Les « Grands frères » sont accusés entre autres d’association de malfaiteurs, d’avoir organisé des gangs et des actions violentes en bande organisée. L’État a voulu faire payer aux « Grands frères »  le prix fort : arrestations violentes, emprisonnements en Guadeloupe, Martinique et en France. Certains ont déjà effectué deux ans de prison, alors que plusieurs centaines de jeunes des quartiers s’étaient révoltés. Au procès, plusieurs accusations se sont avérées fausses et la baudruche de l’ensemble de la répression judiciaire s’est un peu dégonflée. Il faut attendre maintenant le jugement qui sera prononcé dans les jours qui viennent.

Quoi qu’il en soit, il reste à expliquer et comprendre pourquoi plusieurs centaines de jeunes se sont révoltés au point de mettre leur vie en jeu sans crainte. La grande majorité vient des quartiers pauvres et on a là une première réponse.

Relaxe et liberté pour les « Grands frères » !