En Martinique, l’essentiel des aides européennes à l’agriculture va à quelques gros planteurs. C’est ce qui ressort de l’évaluation de la Cour des comptes européenne sur la période 2019-2023, publiée le 3 février 2026. Un tel audit est le premier effectué depuis 15 ans…
Selon le journal France Antilles qui commente ce rapport, « en Martinique et en Guadeloupe 20 principaux bénéficiaires reçoivent un tiers de l’aide accordée à ce secteur et 44 bénéficiaires ont perçu plus d’un million d’euros ».
Pour l’année 2023, la filière banane de Martinique a reçu 98 millions d’euros soit 76% des aides du POSEI (Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité). Ceci, au détriment d’autres secteurs tel celui de la diversification des cultures. On apprend aussi que « six producteurs appartenant au même groupe ont perçu 12% de l’aide POSEI (de la filière banane) de cette région ».
Au final, une partie de cet argent est partagée avec distributeurs et importateurs, souvent partenaires des mêmes groupements afin de baisser les prix d’achat et faire face à la concurrence du marché. Voilà quelques-unes des recettes utilisées par ces capitalistes pour capter les aides.
Bien entendu, dans ce rapport il n’y a rien sur les véritables producteurs, les ouvriers agricoles qui s’escriment années après années dans les champs, dans les ateliers d’emballage, ingurgitant pesticides et autre chlordécone pour un salaire et une retraite misérables.
Ce n’est qu’une petite photographie des petites et grandes magouilles ordinaires, entre capitalistes.