Le 19 mars 2026, le gouvernement français annonçait qu’il ratifiait l’extension de la Charte sociale européenne aux territoires d’outre-mer.
Soit 53 ans après la ratification par la France de ce traité censé garantir la protection des droits sociaux et économiques des citoyens de l’Europe, sans discrimination. Belle hypocrisie !
Reniflant la bonne occasion, quelques heures plus tard la député socialiste Béatrice Bellay se félicitait de cette décision en se mettant en scène sur ses réseaux sociaux. C’était surtout l’occasion pour elle, campagne électorale oblige, de mettre l’accent sur le soi-disant rôle de son groupe socialiste dans une telle décision. Une comédie qui semble aujourd’hui plutôt dérisoire.
À la suite de la Deuxième Guerre mondiale, le Traité instituant la Communauté économique européenne assorti de la Charte sociale européenne (CSE) ont été mis en place par les bourgeoisies des ex-pays belligérants. Ces traités devaient selon ces bourgeoisies « garantir les droits humains fondamentaux, les services essentiels et un revenu permettant à chaque individu de vivre dans la dignité ». Ils leur permettaient surtout de se remettre sur les rails au sortir de la guerre.
La réalité c’est que « Charte sociale européenne » ou pas, pour contenter leur appétit de profits, les bourgeoisies des pays impérialistes, États-Unis en tête, s’assoient dessus ! Et aujourd’hui on assiste à une régression des droits sociaux, pour aller vers une économie de guerre.
Alors pour les travailleurs et les classes populaires, celles des Antilles et des pays européens, la question n’est pas de se féliciter que le gouvernement français imbibé de ses relents colonialistes et méprisants entrouvre la porte de la C S E. C’est que l’on soit de plus en plus nombreux convaincus de la nécessité de se débarrasser de ce système capitaliste.