CO N°1368 (28 mars 2026) – Haïti – La comédie des forces de soutien

Alors que l’escadron kényan arrivé en 2024 se retire, des policiers tchadiens arrivent pour les remplacer dans leur mission.

Les policiers kényans venus il y a 21 mois pour appuyer la police et mettre au pas les gangs, ont échoué. Le but de la mission internationale de sécurité dirigée par le Kenya était d’aider la police haïtienne à maîtriser ou, à défaut, à contenir les gangs armés. Ils se sont cantonnés à patrouiller autour de leur base proche de l’aéroport. Lors de leurs rares sorties dans les quartiers populaires ils n’ont pu rivaliser avec les armes des gangs. Trois policiers ont été tués.

L’action du gouvernement a été sans effet pour les quartiers populaires où la situation demeure critique. Plus de 1,45 million de personnes sont déplacées et vivent dans des abris de fortune en raison de la violence des gangs.

En sous-effectif, la mission de soutien à la police a montré son inefficacité et son échec contre les gangs qui rançonnent les habitants des quartiers populaires et contrôlent les routes autour de la capitale.

C’est un contingent de policiers tchadiens qui prendra la relève. Leur arrivée en avril est prévue en plus grand nombre dans le cadre de la future « Force de répression des gangs ».

Attendue par le gouvernement, soutenue par les États-Unis, autorisée par les Nations Unies, elle aura un an pour aider le gouvernement haïtien à rétablir la sécurité et à organiser des élections. Elle devrait compter environ 5 500 membres.

La venue des policiers tchadiens est une nouvelle tentative pour les dirigeants de montrer qu’ils peuvent affronter les gangs.

La population ne se fait pas d’illusions, le gouvernement n’a pas prouvé de résistance  face aux gangs. Cette force armée est là pour rassurer les bourgeois et peut être utilisée contre la population si celle-ci se soulève pour se défendre elle-même.