Cela fait 64 ans que Cuba fait face à l’impérialisme américain, 64 ans que l’île résiste tant bien que mal à l’embargo américain. C’est officiellement le plus long embargo de l’ère moderne. Mais, cette fois, les États-Unis semblent bien décidés à en finir avec le régime castriste qui échappe à leur contrôle depuis tant d’années.
De colonie espagnole à « bordel » des États-Unis
Cuba est une île située au Nord des Antilles, à peine à 200 km des côtes américaines. C’est la plus grande île de la Caraïbe. Elle fait presque 100 fois la Martinique.
Cuba fut colonisée par l’Espagne à la suite du débarquement de Christophe Colomb en 1492. L’île était peuplée par des Amérindiens, les Ciboneys et les Taïnos qui furent pratiquement décimés. C’est l’économie de plantation de tabac, de café et de canne à sucre qui prédomina pendant la période coloniale avec comme main d’œuvre des Noirs arrachés d’Afrique et mis en esclavage. Cuba resta une colonie espagnole jusqu’en 1898, après sa guerre d’indépendance contre l’Espagne.
Puis, à partir de 1902, l’île se retrouva sous la coupe de la bourgeoisie américaine. La capitale, La Havane, était un foyer de corruption, dominée par la mafia américaine : drogue, casinos, prostitution. Cuba était surnommée « le bordel des Amériques ». Des entreprises industrielles américaines s’installèrent pour y exploiter le sucre, le tabac ou encore les mines de cuivre et de nickel. La population était réduite à l’exploitation et la misère.
La révolution castriste
Les régimes corrompus soumis aux États-Unis se succédaient. Le 10 mars 1952 un général, Fulgencio Batista, prit le pouvoir par un coup d’État soutenu par les États-Unis, et instaura une dictature militaire.
Fidel Castro, un jeune avocat cubain, devint le symbole de la lutte contre Batista. Il s’entoura d’une centaine de compagnons avec qui il mena une guérilla contre le régime.
Le 1er janvier 1959, après plusieurs années, Fidel Castro et ses troupes s’emparèrent de la ville de Santiago de Cuba dont il fit la capitale provisoire. Le même jour, ses troupes s’emparèrent de la Havane sous le commandement d’Ernesto Guevara dit Che Guevara. La dictature de Fulgencio Batista tomba. Fidel Castro entra à la Havane le 8 janvier en triomphe.
L’embargo américain
Le régime castriste rendit l’instruction obligatoire et la santé gratuite. Mais pour reprendre le contrôle économique, il fallait s’attaquer à la mainmise des compagnies américaines, ce que Fidel Castro fit. Les compagnies furent nationalisées.
L’impérialisme américain n’accepta pas que se développe à sa porte un régime échappant à son influence. Il imposa en 1962 un embargo sur Cuba, c’est-à-dire un blocus économique, commercial et financier interdisant aux entreprises américaines d’approvisionner Cuba.
Cuba et l’URSS
Le monde était divisé en deux blocs avec d’un côté les États-Unis et ses alliés occidentaux et de l’autre l’URSS (Union des Républiques socialistes soviétiques) et ses alliés. Ces deux blocs ne se sont pas affrontés directement mais par des guerres interposées.
À l’époque, Cuba se tourna vers l’URSS, deuxième puissance mondiale.
La révolution cubaine n’a jamais été communiste. C’était une révolution populaire bourgeoise. Jamais les révolutionnaires castristes n’ont cherché à s’appuyer sur la classe ouvrière cubaine ou même celle des pays d’Amérique latine ou des USA. Ils aspiraient au développement d’une bourgeoisie nationale qui permettrait à Cuba de construire un État national indépendant pour prendre sa place parmi les autres nations.
L’URSS se disait communiste, alors Cuba adopta cette étiquette pour s’assurer du soutien soviétique. L’URSS s’approvisionnait en sucre, nickel et tabac à Cuba pour aider son allié.
À la chute de l’URSS en 1991, Cuba perdit son principal allié et son économie s’est dégradée.
Le prix de la résistance
Depuis les années 90, les privations de la population se sont aggravées.
La population cubaine vit au rythme des crises, des pénuries alimentaires, du manque de médicaments, des fréquentes coupures d’électricité, des queues interminables dans les magasins d’alimentation presque vides. La pandémie de Covid a accentué la crise.
En 2020, sous la pression des États-Unis, le groupe américain Western Union avait fermé ses 407 bureaux à Cuba pour empêcher les Cubains de recevoir de l’argent envoyé par leurs familles installées à l’étranger.
Aujourd’hui, les États-Unis ont aggravé l’embargo. Ils veulent attiser la colère populaire pour faire tomber le régime.
Le pétrole fourni par le Venezuela et le Mexique, le tourisme et la médecine de pointe avaient permis à Cuba de tenir jusque-là mais tout ceci est compromis.
Quoi qu’il en soit et malgré tout, le régime cubain ne lâche pas face au géant impérialisme américain. Une organisation révolutionnaire comme la nôtre ne peut qu’être du côté de Cuba.