Une délégation du gouvernement de la Jamaïque en visite en Grande-Bretagne a présenté le 7 septembre au roi Charles III une pétition. Celle-ci a pour objet « de faire avancer la campagne menée par la Jamaïque en faveur de réparations pour les ancêtres africains qui ont souffert pendant des centaines d’années d’esclavage ».
La délégation sollicite un avis consultatif sur trois questions : l’esclavage des Africains en Jamaïque était-il légal au regard du droit anglais, a-t-il enfreint le droit international, et la Grande-Bretagne a-t-elle aujourd’hui l’obligation légale d’accorder réparation ?
L’esclavage a été aboli par l’Angleterre en 1833. Tout comme aux Antilles françaises, ce sont les propriétaires d’esclaves et non les victimes qui ont été indemnisés.
Les pays responsables de la traite négrière et de l’exploitation féroce des esclaves se contentent aujourd’hui de présenter des « excuses », sans pour autant faire le moindre geste en faveur de réparations. Lors d’un récent vote à l’ONU à la demande du Ghana, qui a reconnu la traite Atlantique et l’esclavage comme « pires crimes contre l’humanité », la quasi-totalité de ces pays européens, dont la France et la Grande-Bretagne, se sont abstenus. Sans parler des États-Unis, d’Israël et de l’Argentine, qui ont voté contre.
Alors il ne fallait pas s’attendre à autre chose de la part du roi d’Angleterre : il a affirmé que la question ne relevait pas de lui. Quant au Parlement britannique, il a clairement indiqué qu’il n’était pas question de réparations matérielles.
Tout comme François Hollande en 2015 au Mémorial Acte, il s’agit tout au plus pour ces pays de reconnaître une responsabilité « morale ». Seule une révolution qui renversera le système capitaliste à l’échelle internationale pourra ouvrir la voie à de véritables réparations pour les peuples ayant été victimes de ce crime contre l’humanité, dont les séquelles continuent d’affecter la société : racisme, domination impérialiste avec ses conséquences économiques et culturelles, entre autres.