L’affaire Kéziah Nuissier remonte au 16 juillet 2020, lors d’une mobilisation à Fort-de-France liée notamment à la lutte contre le chlordécone.
Des vidéos de son arrestation montrent une intervention particulièrement violente : maintenu au sol, il reçoit plusieurs coups et ressort de l’interpellation le visage en sang. Il souffre de blessures importantes, notamment à la tête et à l’œil.
Ces images provoquent une vive indignation en Martinique. On y voit des gendarmes blancs tabasser un jeune homme noir, sur un territoire ou règne le racisme officiel et les séquelles du colonialisme.
Les enquêtes menées sur l’intervention mettent notamment en cause deux gendarmes pour des gestes violents, l’un lui ayant marché sur le tibia et l’autre lui ayant porté un coup de pied. Kéziah a témoigné avoir également reçu un doigt enfoncé dans l’œil. Sa défense dénonce également de nombreuses lenteurs judiciaires et un traitement insuffisant des plaintes déposées contre les forces de l’ordre.
Aujourd’hui c’est Kéziah qui se trouve sur le banc des accusés. Un des gendarmes parmi les six au total l’accuse de l’avoir violenté. Après plusieurs reports, le procès de Kéziah Nuissier a été dépaysé. Il est prévu les 9 et 10 novembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Paris.
Dépaysement ou pas, Kéziah continuera de recevoir le soutien de tous ceux qui, en Martinique, comme en Guadeloupe ou en France dénoncent cette justice coloniale.
Le 14 octobre 2026, lors d’une conférence de presse, le militant, sa famille et ses avocats ont de nouveau dénoncé la durée de la procédure et annoncé leur intention d’engager la responsabilité de l’État pour déni de justice.