CO N°1365 (14 février 2026) – Martinique – Enseignants en grève

Mardi 3 février, les enseignants ont fait grève pour dénoncer la baisse de la prime de vie chère pendant les congés de longue maladie. Plusieurs classes, voire établissements scolaires, ont fermé et un groupe de travailleurs de l’Éducation ont manifesté devant le rectorat.

En Outre-mer, les fonctionnaires touchent une prime de vie chère : 40 % de plus sur leur salaire. Cette prime a d’abord été allouée aux fonctionnaires venus de l’Hexagone, puis gagnée par des luttes pour les fonctionnaires originaires des territoires ultramarins. Un décret du 27 juin 2024 vise à baisser cette prime de vie chère pendant les congés de longue maladie. Pour l’instant, il est mis en place pour le personnel de l’Éducation comme les enseignants ou encore les AESH (accompagnant  d’élève en situation de handicap).

Le personnel de l’Éducation nationale dénonce une baisse injuste des salaires, une sanction pour être tombé malade. Un enseignant en début de carrière peut perdre jusqu’à 500 € de salaire. Les AESH, qui sont déjà mal rémunérés compte-tenu de leur charge de travail, pourraient perdre entre 350 et 450 € de salaire.

Les congés maladie de longue durée sont nécessaires pour traiter des pathologies lourdes telles que le cancer, mais aussi un burn-out ou une dépression. Les enseignants en grève ont d’ailleurs dénoncé les mauvaises conditions de travail qui peuvent provoquer l’apparition de ces maladies, mais aussi le manque, voire l’absence de suivi médical au sein de l’Éducation nationale.

Cette mesure entre dans la politique d’austérité des fonds publics de l’État. La baisse de   la prime pendant les congés de longue maladie est un signe de la volonté de l’État de supprimer définitivement cette prime. Une injustice de plus, compte tenu de la cherté de la vie plus élevée en Outre-mer qu’en Hexagone.