CO N°1365 (14 février 2026) – Guadeloupe – Carrière de Deshaies : un acharnement risqué

Le jeudi 5 février, des tirs de mines ont repris à la carrière de granulats de Guyonneau, à Deshaies. Des riverains victimes et leurs soutiens se sont mobilisés en protestation.

La reprise des tirs intervient alors que la carrière avait cessé ses activités de tir le 15 janvier 2025 à cause d’un glissement de terrain qui avait causé l’effondrement de deux maisons et de la route.

Selon le rapport final du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) daté du 18 décembre 2024, l’origine du glissement du 3 décembre 2024 semble liée notamment à « la possible fatigue des terrains, de qualité géotechnique médiocre, liée à l’activité sismique répétée des tirs de mines ». La poursuite de l’activité de cette carrière est donc dangereuse.

Une partie des riverains sont mécontents de la reprise des tirs. Ils se plaignent depuis un moment de nuisances sonores, de nuisances respiratoires liées à la poussière soulevée par la roche dynamitée, de fissures dans leurs maisons, de routes démontées par les camions.

Mais l’arrêt total de la carrière met aussi en péril les emplois de 42 salariés et les revenus des chauffeurs livreurs de granulats ainsi que des salariés des chantiers de construction qui utilisent ces granulats.

Après leur mobilisation, une partie des salariés ont été placés en chômage partiel. Mais les petits entrepreneurs qui vivent de l’activité de la carrière ont souffert de l’arrêt de cette dernière.

La Société antillaise de granulats (SADG) qui exploite le site n’est pas une petite entreprise. Elle fait partie du groupe Audemard qui exploite des carrières dans l’Hexagone, en Martinique, en Guyane, à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie. La SADG s’est bien enrichie pendant les années fastes. Les bénéfices s’élevaient à plusieurs millions d’euros par an.

Aujourd’hui que la montagne entière menace de s’effondrer, la SADG doit prendre ses responsabilités en indemnisant les victimes de l’effondrement, en payant les salariés et en proposant des solutions aux petits entrepreneurs.

La vie des êtres humains est plus importante que les profits capitalistes !