Le 30 janvier 2026, lors de la visite officielle du président de la CARICOM (Communauté entre les États de la Caraïbe), Terrance Drew, à Port of Spain, la Première ministre de Trinidad-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a affirmé un « urgent besoin de transformation ».
Persad-Bissessar estime que la CARICOM doit se doter de règles plus strictes car trop d’États membres sont distants des soi-disant priorités sécuritaires définies par Trump.
Depuis son retour au pouvoir en mai 2025, elle s’est affichée comme la voix de Trump au sein de la Caraïbe. Elle a salué les attaques américaines contre des embarcations en mer, elle a, sur Whatsapp insisté sur le fait que les États-Unis devraient « tuer violemment tous les narcotrafiquants ».
Elle a aussi critiqué ouvertement la CARICOM : en décembre 2025, elle a qualifié l’organisation de non fiable et l’a accusée d’avoir soutenu le gouvernement vénézuélien.
La capture de Maduro et les bombardements à Caracas déclenchés par l’opération américaine du 3 janvier 2026 a déclenché la réaction des dirigeants. Le bureau de la CARICOM a sorti un communiqué pour dire ses inquiétudes, Antigua et Barbuda et Saint-Vincent-et-les-Grenadines en ont profité pour dénoncer fermement la violation de la « zone de paix ». La Première ministre de Trinidad-et-Tobago, Kamla, a précisé qu’elle n’avait « absolument pas participé » à leur communiqué.
Pour Kamla, qui dirige un pays situé à quelques kilomètres seulement des côtes vénézuéliennes, le rapprochement stratégique avec Washington ne relève pas du hasard. Depuis un an, Trinidad-et-Tobago accueille des installations militaires américaines, des exercices des Marines et l’usage de ses aéroports. C’est aussi grâce à cette base stratégique qu’une opération comme celle du 3 janvier a pu être réalisée par les États-Unis.
Dans ce contexte, Kamla Persad-Bissessar s’est positionnée comme l’interprète de la politique de Trump. Dans cette manœuvre impérialiste, malgré les victimes et les risques d’escalade guerrière dans la région, elle tire son épingle du jeu en rejoignant le camp de Trump. C’est pour cela qu’elle accuse les autres dirigeants de la Caraïbe d’être trop timorés.