Le Conseil électoral provisoire prévoit d’organiser des élections présidentielles et législatives les 13 décembre 2026 et 21 février 2027. Il a annoncé la prolongation de la période d’inscription des candidats aux prochaines élections et des électeurs jusqu’au 14 octobre.
Les chefs de partis politiques et les aspirants candidats cherchent à mobiliser leurs partisans pour qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales. Contrairement aux candidats qui font la queue pour s’inscrire, on constate un manque d’enthousiasme manifeste de la part des potentiels votants. La principale préoccupation actuelle de la population est la menace des gangs.
L’insécurité qui ravage le pays ne montre aucun signe d’apaisement. Durant la nuit du 23 août une violente attaque des gangs dans la localité de Kenscoff, proche de la capitale, a causé la mort de 47 personnes. Plus de 50 personnes ont été enlevées et des dizaines d’autres blessées.
Pour le moment, en dehors de quelques résistances par ci et par là, les gangs semblent évoluer en terrain conquis. Ils avancent sans grande difficulté et se battent entre eux pour le contrôle des territoires conquis. Le gouvernement et ses forces de sécurité, la police et l’armée, sont inefficaces. Après l’échec de la Mission multinationale de soutien à la sécurité conduite par le Kenya, la Force de suppression des gangs, FSG, ne fait pas mieux.
En mai 2026, Haïti comptait 1,46 millions de personnes déplacées en interne. Au mois d’août, des centaines de plus. Les habitants fuient les attaques armées des gangs pour se réfugier dans d’autres quartiers jugés plus sûrs. Les familles déplacées font face à des besoins urgents en nourriture, abri et soins de santé, avec des risques accrus pour les enfants vivant dans des sites surpeuplés.
La plupart des hommes politiques qui proposent des élections dans ce contexte sont des visages connus. Ils ont déjà siégé au sein de gouvernements précédents ou occupé des postes de direction de l’État et ils ont tous défendu les intérêts d’une seule classe : les riches, les possédants. Ce sont les mêmes qui aujourd’hui viennent avec des promesses d’éradication des gangs et des promesses électorales. Ceux qui croient à ces promesses sont les plus résignés. Les masses exploitées, la population pauvre ont une alternative : face aux gangs, la mobilisation, l’armement, le regroupement autour d’organisations prêtes à défendre les intérêts de cette population.