CO N°1376 (12 septembre 2026) – États-Unis – Trump fait main basse sur le pétrole

Le vendredi 28 août 2026, Trump annonçait avoir conclu un accord historique avec le Venezuela. Washington a obtenu pour une durée d’un siècle « le contrôle majoritaire des États-Unis sur plus de 65 milliards de barils de réserves de pétrole du Venezuela » .

Cela représente un cinquième des réserves vénézuéliennes, les plus importantes au monde.

Dans un premier temps le Venezuela aurait fait affaire avec la société Napeb, enregistrée à la Barbade et dirigée par l’homme d’affaire vénézuélien Alejandro Betancourt. Puis, le Pentagone, département de la guerre des États-Unis, aurait pris le contrôle de cette société en rachetant 35% de son capital.

L’accord aurait été négocié en secret par le secrétaire d’État américain Marco Rubio et Delcy Rodríguez, présidente par intérim depuis l’enlèvement du président Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines le 3 janvier 2026.

De son côté, le Venezuela confirme qu’il s’agit d’un « accord pétrolier historique ». Selon la présidente Rodriguez cet accord « aura un impact significatif sur la renaissance de notre nation » et il prévoit en échange des 65 milliards de barils de pétrole : « un investissement de plus de 100 milliards de dollars [86 milliards d’euros environ] et plus de 209 milliards de dollars [180 milliards d’euros] de recettes fiscales pour l’État »…

La réalité est que, complices ou otages, Delcy Rodriguez et son gouvernement n’ont aucun contrôle ni sur cet accord de cession, ni sur la façon dont il sera mis en œuvre. Ce sont les grandes compagnies pétrolières américaines qui décideront si elles investiront ou pas pour refaire démarrer des installations non entretenues depuis des années.

Au-delà des déclarations de façade de la vice-présidente vénézuélienne et des fanfaronnades de Trump sur l’affaire conclue, il est clair que cette mainmise sur le pétrole vénézuélien est avant tout un acte de brigandage et de rapine du shérif de la Maison blanche. Trump et son administration ont un comportement de gangster à la face du monde, agissant comme l’ont toujours fait les prédateurs du système capitaliste. Ils le font sur une population qui n’est certainement pas dupe mais qui est vulnérable et un peu plus affaiblie suite au violent séisme subi au début du mois de juin.

À deux mois des élections de mi-mandat américaines, alors que la guerre qu’il a déclenchée en Iran s’enlise et que l’inflation s’emballe, Trump souhaite bien retirer de ce holdup quelques retombées politiques favorables. Et pour ce chef décadent de l’impérialisme toutes les cartes sont bonnes à jouer.