Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté mardi 29 septembre une résolution prorogeant de six mois, jusqu’au 31 mars 2027, le mandat de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti.
Cette prolongation répond à l’appel du Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé, qui a plaidé une semaine plus tôt pour le renouvellement de cette force armée. Elle prend la suite de la force multinationale dirigée par le Kenya qui n’avait jamais atteint les résultats escomptés par le gouvernement. Ce groupe pourra compter jusqu’à 5 500 militaires et policiers et les instances onusiennes promettent que cette fois-ci il sera à la hauteur de sa tâche. Les promesses habituelles !
Le premier ministre a aussi indiqué que, pour faire face aux gangs, 2 000 policiers avaient achevé leur formation et que l’armée avait recruté 1 500 personnes supplémentaires. Le gouvernement renforce ainsi son arsenal répressif qui est censé être le premier à intervenir. Et même s’il est inefficace face aux gangs, il pourra être utilisé contre les révoltes de la population.
Les gangs terrorisent toujours les quartiers populaires, rançonnent les marchandes et la population sur les points de péage. Les habitants des quartiers fuient leur avancée et cherchent des endroits plus sûrs où se réfugier.
Le nombre de morts parmi la population continue d’augmenter. Selon un récent rapport de l’ONU il y a eu, depuis janvier, au moins 5700 personnes tuées ou blessées. Dans le même temps, il y a une réaction de la population. Dans certaines zones de province, des groupes dits d’« auto-défense » sont apparus. Selon l’ONU, ils auraient tué ou blessé quelque 280 membres des gangs.
La population armée, organisée, est la perspective de défense face aux gangs. Ces groupes d’« auto-défense » peuvent être l’embryon d’organisation de défense de la population quand ce sont les habitants des quartiers qui sont à leur tête et que ce sont les intérêts de la population laborieuse qu’ils défendent.