Le 17 octobre, dans toute la France, un demi-million de manifestants a exprimé son ras-le-bol de la misère dans les rues de la France entière. C’était un appel à mobilisation lancé dans l’esprit des « Gilets jaunes » qui s’étaient mobilisés en 2018 contre la hausse du prix du carburant.
Les scènes d’affrontements et de pillage à Paris et dans d’autres grandes villes montrent l’ampleur de l’explosion, surtout dans la jeunesse.
Cela fait plus d’un mois que des milliers de lycéens et d’étudiants se mobilisent pour obtenir des moyens pour l’éducation. Ce mouvement de la jeunesse s’est étendu à la Martinique et la Guadeloupe où des lycéens ont bloqué leurs établissements.
En Guadeloupe, la contestation sociale prend la forme de barrages érigés par les jeunes des quartiers populaires qui jouent au chat et à la souris avec les gendarmes et n’hésitent pas à tirer à balles réelles. En Martinique, à l’appel de Rodrigue Petitot, des barrages ont été érigés sur des axes centraux de l’île.
La vie devient de plus en plus chère et les prix n’arrêtent pas d’augmenter alors que les salaires, les allocations sociales, les bourses scolaires et les pensions de retraite sont bloqués. En même temps le chômage fait des ravages dans la population. Pendant ce temps, les services publics du transport, de la santé, de l’eau, de l’éducation, des routes sont à l’abandon.
Cet abandon n’est pas une fatalité mais un choix. Le choix fait par l’État capitaliste d’engraisser les plus riches et d’augmenter le budget militaire qui ne profite surtout qu’aux gros capitalistes de l’armement. Chaque année, l’État verse plus de 200 milliards aux grandes entreprises sans contrepartie. S’il est besoin d’une preuve supplémentaire que cet État est au service des riches, la voilà : alors qu’il prépare des attaques contre les classes populaires, les retraités, les services publics pour les ponctionner au nom de la dette, l’État fait un énième cadeau de 2,5 milliards aux grandes entreprises en diminuant la surtaxe qu’elles paient sur leurs profits.
Au deuxième trimestre 2026, les sociétés françaises ont versé 62,77 milliards d’euros en dividendes aux actionnaires. TotalEnergies a réalisé 5,4 milliards de profits au deuxième trimestre.
Comment ne pas comprendre l’exaspération qui explose dans les rues en France et en Outre-mer ?
Bien des catégories sociales qui se mobilisent en ce moment, y compris les petits patrons, veulent sauver leur peau.
Mais les seuls à pouvoir réellement faire plier le grand patronat et l’État pour obtenir moins d’inégalités, des augmentations de salaire, l’interdiction des licenciements, des embauches massives, la répartition du travail entre tous, la fin de l’austérité et davantage de moyens pour les services publics, sont les travailleurs salariés. Ce sont eux qui, par leur travail, font tourner toute la société. Ce travail est à l’origine des profits et des capitaux des riches. En arrêtant le travail massivement ne serait-ce que quelques jours ils peuvent créer un rapport de force plus efficace que n’importe quel barrage et n’importe quel mobilier urbain incendié. La grève est l’arme des travailleurs et la hantise des capitalistes.
Cela donne un immense potentiel aux travailleurs pour défendre leurs intérêts de classe et faire avancer toute la société.
Si les travailleurs se mettent à la tête de la contestation, ils pourront entraîner et donner des perspectives à la jeunesse mobilisée et aux autres catégories sociales mécontentes pour orienter la colère non pas contre les petits commerces, comme ceux qui ont été pillés et incendiés, mais contre le grand patronat et l’État à son service.
Travailleuses, travailleurs, organisons des assemblées générales dans nos entreprises, dans nos quartiers, pour discuter des perspectives et s’organiser pour se faire entendre en tant que classe sociale qui porte l’avenir.