Depuis plusieurs semaines, en France hexagonale en ce début d’année 2026, la colère des agriculteurs s’exprime à nouveau dans la rue. Barrages routiers, convois de tracteurs, manifestations à Paris et en province : partout, des paysans disent leur ras-le-bol.
Ils dénoncent la gestion de la crise sanitaire qui frappe l’élevage, la chute de leurs revenus et la perspective d’un nouvel accord commercial entre l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique du Sud.
Cet accord, appelé Mercosur, prévoit de faciliter l’importation de viande, de céréales ou de sucre en provenance notamment du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay. Le gouvernement et presque tous les députés affirment aujourd’hui s’y opposer, prétendant défendre ainsi l’agriculture française et européenne.
Mais cette posture cache l’essentiel. Car avec ou sans Mercosur, la situation des petits agriculteurs est déjà dramatique. En France, des dizaines de milliers d’exploitations ont disparu en quelques années.
Les petits agriculteurs ne décident ni des prix auxquels ils vendent, ni des conditions dans lesquelles ils produisent. Car même sans cet accord, les petits agriculteurs sont déjà étranglés par les prix imposés par les groupes de l’agro-alimentaire, de la grande distribution et les banques. Faire croire que le rejet du Mercosur suffirait à les protéger, c’est détourner la colère et éviter de s’attaquer aux vrais responsables. Ceux qui imposent leurs règles s’appellent Lactalis, Bigard, Leclerc, ou encore les grandes banques comme le Crédit Agricole. Ce sont eux qui fixent les prix d’achat, qui étranglent par les dettes et qui captent l’essentiel de la richesse produite.