CO N°1363 (17 janvier 2026) – Iran – Les manifestations s’étendent malgré le massacre

Depuis plusieurs jours des manifestations contre le régime iranien s’intensifient. Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des incendies de bâtiments gouvernementaux et de véhicules de police. Les manifestants criaient des slogans : « mort au dictateur ».

La contestation a commencé le 28 décembre par des petits commerçants au Grand Bazar de Téhéran après la chute de la monnaie nationale : le rial. Cet effondrement a créé l’explosion des prix des denrées alimentaires, des médicaments et la perte du pouvoir d’achat.

En quelques jours les mobilisations se sont étendues à de nombreuses villes. Les Iraniens repartent au combat après la révolte de la jeunesse qui a secoué le pays il y a trois ans suite au meurtre de Mahsa Amini par la police. Tout comme il y a trois ans, en réponse aux manifestations, le dictateur l’ayatollah Khamenei réprime les manifestations dans le sang : tirs à balles réelles, passages à tabac, disparitions forcées, arrestations arbitraires. Au moins 648 personnes ont été tuées (ce chiffre serait sous-estimé) et des milliers blessées. Depuis le 8 janvier les habitants sont isolés du monde, ils n’ont plus accès à internet.

Cette révolte est liée à l’écart important entre la population et une poignée de riches. Ces derniers, bourgeois et dignitaires du régime, se sont enrichis grâce à l’exploitation de la population laborieuse et à la corruption. Malgré l’embargo ces riches ne manquent de rien. Ils envoient leurs enfants faire des études aux États-Unis, qu’ils présentent à la population comme « le grand Satan ! ». Ils prêchent la soumission des femmes et les sacrifices à leur peuple alors qu’eux vivent dans le luxe et copient les mœurs occidentales.

Les autorités de la République islamique ont dénoncé les actions des manifestants comme étant des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël.

Le 10 janvier, la puissance impérialiste, les États-Unis, se disait prête à intervenir pour aider les manifestants qui aspiraient à la liberté, et a menacé d’utiliser son armée pour lancer des frappes.

Actuellement des centaines de milliers de femmes et d’hommes veulent la fin du régime. Si le régime tombe, la question qui se pose est par quoi le remplacer. L’histoire a montré aux travailleurs iraniens qu’une dictature peut en remplacer une autre. Les révoltés doivent se méfier des personnes qui se présentent comme leur « nouveau sauveur » comme Trump ou le fils du Chah, Reza Pahlavi.

Les travailleurs doivent diriger leur propre lutte comme ils l’avaient fait lors de la révolution de 1979 avant de confier la direction aux ayatollahs. Seuls les travailleurs à la tête de cette révolte pourront faire naître un tout autre régime servant les intérêts de la classe laborieuse.