CO N°1368 (28 mars 2026) – Guerre en Iran : profiteurs et sacrifiés

À l’heure où nous écrivons cet article, le détroit d’Ormuz est toujours « bloqué » par l’Iran, entraînant une baisse importante (20 %) de l’approvisionnement pétrolier mondial, critique pour certains pays.

La Corée du Sud ne disposerait plus que d’une semaine de réserves d’essence. Le prix du baril est passé de 70 à 115 dollars, et le litre d’essence a augmenté d’environ 20 centimes en France. Ce n’est sans doute que le début d’un conflit prolongé, et d’un enrichissement insolent pour certains.

Depuis l’escalade, plusieurs secteurs réalisent des profits record. L’industrie de l’armement, Lockheed Martin, Raytheon, Northrop Grumman, bénéficie directement de la multiplication des frappes et des livraisons d’armes. Chaque missile tiré représente des millions de dollars injectés dans les caisses des grands groupes.

Les compagnies pétrolières profitent aussi de la situation. La hausse des prix du pétrole permet à des géants comme Exxon Mobil ou Chevron d’augmenter leurs marges et de capter des parts de marché, pendant que les populations subissent l’inflation énergétique. En France ce sont les Dassault et Thales et autres fabricants de drones qui engrangent des millions de bénéfices.

Les entreprises technologiques liées à la défense (drones, surveillance, cybersécurité) voient également leurs contrats exploser. Cette guerre marque une étape supplémentaire avec l’utilisation accrue de l’intelligence artificielle, devenue un véritable terrain d’expérimentation.

Une guerre longue maintient la pression sur l’Iran et s’inscrit dans une stratégie plus large de domination, notamment face à la Chine. Elle permet aussi de justifier l’augmentation du budget militaire américain.

Le blocage du détroit d’Ormuz met en difficulté politique les États-Unis. Trump a appelé d’autres puissances à intervenir, y compris la Chine, sans succès. Pour l’instant, même des alliés proches n’ont pas décidé de s’engager.

Comme souvent, le risque d’enlisement est élevé. La guerre mobilise des ressources considérables et devient impopulaire, y compris aux États-Unis. La lassitude face aux conflits prolongés risque de grandir.

Derrière les discours officiels, cette guerre apparaît comme un engrenage mêlant profits privés et intérêts stratégiques. Sa prolongation sert certains intérêts, mais accroît les risques d’extension du conflit. En attendant, des milliers de personnes en Iran et au Liban subissent des conditions de vie atroces. On compte des milliers de blessés et de morts.

Dans ce contexte, il est probable que la guerre se prolonge, mais aussi que d’autres émergent, portées par la nécessité pour le capitalisme américain de maintenir sa domination.

Face au danger représenté par les dirigeants impérialistes pour le monde, seules les mobilisations des travailleurs peuvent renverser le système.