CO N°1377 (26 septembre 2026) – Guadeloupe – Deshaies : une carrière à tout prix ?

Le 31 août 2026, le tribunal judiciaire de Basse-Terre a levé la suspension d’activité de la carrière de granulats de Deshaies.

Selon les juges, les circonstances qui avaient conduit à la suspension de l’activité en janvier 2025 ont désormais disparu. Comme par magie ?

En effet, le 15 janvier 2025, le tribunal de Basse-Terre avait ordonné l’arrêt de l’activité de la carrière à cause d’un glissement de terrain qui avait causé l’effondrement de deux maisons et de la route. La famille Questel a tout perdu dans cet éboulement, sa maison et ses terres agricoles qui ne sont plus accessibles. Elle vit aujourd’hui de la solidarité de ses proches.

Un rapport final du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) daté du 18 décembre 2024, parle de « possible fatigue des terrains, de qualité géotechnique médiocre, liée à l’activité sismique répétée des tirs de mines». La montagne risque de complètement s’effondrer.

Mais le tribunal de Basse-Terre juge que la dangerosité a disparu. Dont acte.

En réalité, la pression exercée par La Société antillaise de granulats (SADG), et les autres acteurs du BTP est forte car de cette carrière provient le granulat qui alimente de nombreux chantiers sur l’île. Depuis son arrêt les entreprises du BTP en pâtissent.

Des millions d’euros de profits sont en jeu pour ces patrons. On sait comment les gros capitalistes peuvent influencer les magistrats, les élus, les hauts fonctionnaires quand il s’agit de défendre leurs intérêts.

Dans ce monde capitaliste, la seule chose qui compte pour le gros patronat c’est le profit. La vie, le bien-être et la santé des travailleurs et des populations passent au second plan.