CO N°1377 (26 septembre 2026) – Guadeloupe – Il y a 60 ans, le cyclone Inès

Le 27 septembre 1966, le cyclone Inès (aussi orthographié Inez dans les archives météorologiques internationales), a traversé directement l’archipel de la Guadeloupe. Il était classé comme un ouragan de catégorie 3 au moment de son passage sur l’île. Des vents d’une rare violence ont été relevés à Pointe-à-Pitre.

Les conséquences ont été très lourdes. Le bilan a fait état de 33 morts, plusieurs centaines de blessés et environ 15 000 personnes sans abri. Pointe-à-Pitre et sa région ont été durement touchées, notamment les quartiers populaires du nord de la ville, Lauricisque et l’Assainissement, ainsi que plusieurs communes de Grande-Terre et de Basse-Terre. Capesterre-Belle-Eau a été l’une des communes les plus sévèrement sinistrées.

Après avoir ravagé la Guadeloupe, le cyclone Inès poursuivit sa trajectoire au nord, semant chaos et désolation dans plusieurs îles comme Haïti où l’on dénombra un millier de morts et plus de     60 000 sans-abris.

À cette époque, l’ouragan Inès est considéré comme le plus meurtrier et le plus coûteux des ouragans que la Guadeloupe ait connu depuis le grand cyclone du 12 septembre 1928 qui avait fait entre 1200 et 2000 morts.

La Guadeloupe mit longtemps à se remettre des dégâts. Ces dégâts ont en partie été à l’origine des événements de mai 1967 à Pointe-à-Pitre. Le passage du cyclone avait aggravé la misère de la population sinistrée. Le mécontentement populaire était latent. Les ouvriers du bâtiment avaient entamé en mai une grève pour obtenir des augmentations de salaire. L’État donna l’ordre à ses forces armées de tirer sur les manifestants le 26 mai. Trois jours de massacre dans la ville ont suivi. Aujourd’hui, le nombre officiel de victimes de ce massacre n’est toujours pas connu mais on l’estime à une centaine de morts.

Depuis 1966, les connaissances et les techniques d’analyse des ouragans se sont améliorées. On sait aujourd’hui que le dérèglement climatique va provoquer la formation de cyclones majeurs plus nombreux et plus violents dans l’Atlantique.