CO N°1379 (24 octobre 2026) – Martinique – Mobilisations du RPPRAC contre la vie chère

Le 19 octobre au petit matin, de nombreux barrages de palettes, pneus, et détritus divers ont été érigés sur plusieurs artères de la Martinique. Ils étaient visibles à l’entrée de Fort-de-France, au niveau de l’avenue Maurice Bishop ou du quartier populaire de Canal Alaric, mais aussi dans plusieurs communes du Sud telles Rivière-Salée ou Ducos, ou du Nord à Case-Pilote. Le plus souvent des groupes de manifestants se tenaient aux alentours du barrage. Les forces de répression n’ont pas tardé à intervenir pour rétablir la circulation là où elle était bloquée.

C’est par ces actions que les militants du RPPRAC ont commencé la reprise des mobilisations contre la vie chère annoncées par leur leader Rodrigue Petitot début septembre. Ce dernier a précisé que cette nouvelle mobilisation intervenait deux ans après la signature avec l’État et la CTM d’accords contre la vie chère qui ne sont toujours pas respectés, ni suivis d’effet. Dans une lettre ouverte, il a également indiqué qu’il ne reprendrait pas de dialogue ni avec ce préfet, resté inactif, ni avec Serge Letchimy, président de l’Exécutif de la CTM.

Ce même lundi 19 octobre, les collectifs Sargasse et Eau du Nord ont indiqué qu’ils seraient mobilisés.

Dès le jeudi 15 octobre, le pouvoir de son côté se mettait en ordre de marche pour maintenir l’ordre. Le préfet a battu le rappel de ses forces de police et administrations, appelant les grands commerces à protéger leurs biens et leur personnel. Des lycées et collèges ont été mis en enseignement distanciel pour le 19 et le 20 octobre, dates précédant les vacances scolaires.

Du côté des travailleurs, la centrale syndicale CDMT pour sa part a déposé un préavis de grève à partir du 19 octobre. D’autres syndicats appellent eux aussi leurs adhérents à amplifier les mobilisations entamées contre les attaques du gouvernement et des patrons sur les salaires, les conditions de travail et le coût de la vie.

Au moment où nous écrivons, il n’y a pas d’actions collectives programmées. Elles permettraient aux travailleurs et au plus grand nombre de s’exprimer et de se renforcer face à un pouvoir qui les opprime et protège les intérêts des plus riches.