CO N°1367 (14 mars 2026) – Les États-Unis et leur emprise sur la Caraïbe

Le 25 février s’est tenu le sommet de la Caricom (communauté de la Caraïbe) à Saint-Kitts et Nevis. Les États-Unis ont tenu à marquer directement leur présence en la personne du Secrétaire d’État, Marco Rubio.

Avant l’arrivée de celui-ci, lors de la séance d’ouverture, Andrew Holness, Premier ministre de la Jamaïque, a souligné qu’une crise humanitaire à Cuba ne pouvait qu’être néfaste pour toute la Caraïbe. De même, Terrance Drew, Premier ministre de Saint-Kitts et Nevis, lui-même médecin et formé à Cuba, a plaidé en faveur d’un soutien humanitaire à la grande île. En revanche, Kamla Persad-Bissessar, première ministre de Trinidad, a soutenu totalement la politique de Trump, son pays ayant même servi de base à l’opération contre Maduro. Elle a affirmé ne pas pouvoir préconiser que d’autres vivent sous le communisme et la dictature. Le sort de ceux qui vivent sous une dictature pro-capitaliste ne semble pas la gêner. Elle va même jusqu’à approuver les bombardements de bateaux par l’armée américaine, alors que des pêcheurs de Trinidad (et récemment de Sainte-Lucie) ont été assassinés sans sommation.

Les dirigeants de la Caraïbe se sont contentés de déplorer la violence de la politique américaine, mais malheureusement ils s’y plient bon gré mal gré. C’est ainsi que la Jamaïque, tout comme Sainte-Lucie, bien qu’exprimant leurs remerciements à Cuba et leurs regrets, n’ont pas moins déclaré sur injonction de Trump qu’ils renonçaient à la coopération avec les médecins cubains, qui leur ont pourtant permis de surmonter la crise du Covid. Étant donné que le système de santé américain est délabré aux États-Unis même, ce ne sont pas ces derniers qui remplaceront les médecins cubains.

La Dominique ainsi que Sainte-Lucie ont aussi accepté de recevoir des immigrés expulsés des États-Unis. Saint-Kitts a aussi accepté, tout en refusant les personnes d’origine haïtienne, alors même qu’Haïti est membre de la Caricom !

On le voit, la politique de terreur et de rétorsion menée par les États-Unis porte malheureusement ses fruits. Ces derniers considèrent le continent américain dans son ensemble comme leur arrière-cour où leur domination doit être sans partage.

Seule une mobilisation des populations de ces pays, en coordination avec les travailleurs américains eux-mêmes, pourra mettre fin à cette domination impérialiste.