CO N°1369 (11 avril 2026) – Éditorial – Hausse du prix des carburants : exigeons des augmentations de revenus !

Depuis le 1er avril, les prix des carburants et du gaz ont fortement augmenté en Guadeloupe et en Martinique. Une nouvelle attaque contre les conditions de vie des travailleurs.

Le prix du sans-plomb a bondi de 17 centimes, atteignant 1,87 € en Guadeloupe et 1,86 € en Martinique. Le gazole frôle les 2 € le litre. Résultat : un plein de sans-plomb peut coûter une quinzaine d’euros de plus, et un plein de gazole une vingtaine d’euros supplémentaires. Le prix du plein de carburant peut atteindre voire dépasser 100 € à la pompe. Quant à la bouteille de gaz, son prix a augmenté de 46 centimes.

Les travailleurs et les classes populaires subissent des prix qui augmentent sans que les salaires et les revenus sociaux ne suivent. Ainsi, c’est aux plus précaires qu’il est demandé de se serrer encore davantage la ceinture. Cette situation n’est pas propre aux Antilles : elle touche aussi la France hexagonale et bien d’autres pays. Partout, les travailleurs paient une crise dont ils ne sont pas responsables.

Mais la situation n’est pas morose pour tout le monde. Une poignée de privilégiés s’enrichissent grâce à cette situation. TotalEnergies a réalisé un milliard d’euros de bénéfices rien qu’au mois de mars !

On nous explique que la flambée des prix serait la simple conséquence de la guerre en Iran. Comme si cette situation tombait du ciel. En réalité, ces conflits sont le produit direct du système capitaliste lui-même.

Le capitalisme est fondé sur la concurrence entre grandes puissances et entre multinationales, toutes à la recherche du profit maximum. C’est ce qui pousse les États et les grandes entreprises à intervenir, directement ou indirectement, dans de nombreuses régions du monde. La guerre entre les États-Unis et l’Iran en est une illustration flagrante, l’Iran étant une région riche en pétrole, convoitée et disputée par les pays impérialistes.

La guerre en Iran permet aux grandes compagnies de l’énergie d’augmenter leurs marges. Les prix du pétrole montent, la spéculation s’envole, et ce sont les travailleurs qui paient la facture, à la pompe d’abord puis par contrecoup celle de tous les produits de consommation.

Face à cette situation, ce n’est ni en consommant moins, ni en « faisant des efforts » que les travailleurs pourront s’en sortir. La seule solution est d’imposer, par des luttes collectives, des augmentations des salaires, des pensions et des minima sociaux, indexées sur la hausse des prix !

L’argent qui peut servir à payer ces augmentations existe. Il est dans les caisses des grandes entreprises, dans les milliards accumulés par les grands groupes capitalistes tels que TotalEnergies ou encore ceux de l’armement comme les groupes français Dassault et Thales. C’est sur leurs profits qu’il faut prendre, y compris ceux réalisés grâce à la guerre.

Mais rien ne sera arraché sans lutte. Les travailleurs sont ceux qui produisent les richesses, les profits des entreprises. Seule leur lutte collective peut contraindre le patronat et la grande bourgeoisie à céder. C’est cette expérience que mènent les chauffeurs de bus de Transaglo en Martinique, en grève pour exiger une augmentation de 150 €. C’est cette voie-là que les travailleurs de Guadeloupe, de Martinique, du monde entier, ont tout intérêt à suivre pour de réelles hausses de revenus.

Au-delà des revendications immédiates, c’est ce système capitaliste qu’il faut remettre en cause. Le capitalisme ne peut fonctionner qu’en exploitant les travailleurs et en alimentant les crises. Son fonctionnement mène inévitablement à de nouvelles guerres et à une aggravation de la misère. La richesse des capitalistes repose sur l’appauvrissement du plus grand nombre.

En finir durablement avec ces injustices suppose donc d’en finir avec ce système lui-même. Cela passera par la lutte consciente et organisée des travailleurs, jusqu’à ce qu’ils prennent en main l’organisation de la société :  c’est-à-dire jusqu’à la révolution ouvrière.