Les groupes Nexans et Sonepar, spécialisés dans la distribution de matériels électriques, viennent d’être sanctionnés à hauteur de 6,5 millions d’euros pour « entente illégale dans les territoires d’outre-mer ».
Ces deux groupes ont passé des années à s’arranger entre eux pour bloquer la concurrence et maintenir des prix élevés.
Aux Antilles, Sonepar est présent à travers ses filiales comme Socame câbles et matériels électriques en Martinique, et la Soguadime (Société guadeloupéenne de matériel électrique) en Guadeloupe. Le groupe est la propriété des familles Coisne et Lambert, 15ème fortune française.
Cette affaire illustre une réalité bien connue dans les départements d’outre-mer : les prix élevés ne sont pas une fatalité géographique, mais le fruit direct de l’organisation capitaliste. Derrière les discours sur « l’éloignement » ou les « contraintes logistiques », ce sont des groupes puissants qui s’entendent pour se partager le marché et garantir leurs profits.
En 2024, suite à l’ouverture de l’enquête, le groupe a cherché à se désengager de l’outre-mer, et a envisagé de céder ses filiales au groupe Bernard Hayot, symbole du capitalisme local. Ce dernier, déjà dénoncé pour ses marges et sa domination économique, a pour l’instant renoncé. Mais ces jeux de chaises musicales entre grands groupes ne changent rien au fond : qu’il s’agisse de multinationales hexagonales ou de capitalistes locaux, tous participent à la même exploitation.
Dernièrement, les compagnies Air Caraïbes et Air Antilles ont aussi été condamnées pour s’être entendues sur les prix et ont réduit leurs offres entre les îles, imposant aux passagers des tarifs toujours plus élevés.
L’État se contente de sanctions tardives et dérisoires. Quelques millions d’euros d’amende, après près de huit ans d’entente illégale, ne représentent qu’une goutte d’eau pour ces entreprises. Loin de protéger les populations, il accompagne un fonctionnement qui permet à une poignée de capitalistes de faire la loi.
La fin de la vie chère, des monopoles, de l’exploitation passera par la remise en cause de ce système, et le contrôle de l’économie par ceux et celles qui la font tourner : les travailleurs !