CO N°1371 (9 mai 2026) – Antigua et Barbuda – Le Premier ministre largement réélu, les problèmes demeurent

Gaston Browne, Premier ministre d’Antigua et Barbuda, a provoqué des élections législatives anticipées qui ont eu lieu le 30 avril.

Il a réussi son coup, puisque son parti (Labour Party = Parti travailliste) a remporté une large victoire avec 15 sièges sur 17. Il va donc effectuer son quatrième mandat depuis 2014.

Son principal opposant, Jamale Pringle, du Parti Progressiste Unifié, devra donc ronger son frein pendant cinq ans. Il y a même une contestation au sein de son parti quant à savoir s’il restera leader de l’opposition. Il reprochait au gouvernement la vie chère et un certain népotisme dans l’exercice du pouvoir.

Browne a tout de suite été félicité, comme de coutume, par d’autres chefs d’État de la Caraïbe, comme la Première ministre de Trinidad et Tobago, ou Mia Mottley, Première ministre de la Barbade.

Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, l’a égale-  ment félicité, en souhaitant « renforcer la sécurité régionale en approfondissant la coopération pour lutter contre l’immigration illégale, les organisations criminelles transnationales et le trafic illicite. »

En gentil garçon, et quoi qu’il  en pense réellement, Gaston Browne a immédiatement répondu en allant dans le même sens que Rubio. En fait, comme la plupart des petits pays de la Caraïbe, Antigua et Barbuda n’ont qu’une faible marge de manœuvre face aux États-Unis, sous peine de mesures de rétorsion.

Cela ne signifie pas pour autant que tout va bien dans le pays, notamment sur les points soulignés par l’opposition. À noter aussi que l’île de Barbuda a élu un représentant du parti autonomiste, largement vainqueur du candidat du gouvernement.

Les habitants de Barbuda veulent empêcher le gouvernement central d’Antigua de céder des terres aux promoteurs internationaux pour la construction d’hôtels de luxe sans consultation au préalable du peuple de Barbuda.

Ils ont tout intérêt à se mobiliser s’ils veulent faire valoir leurs droits, et plus largement, les travailleurs et la population laborieuse du pays ont intérêt à ne pas faire aveuglément confiance à ce gouvernement qui défend la bourgeoisie locale, dans les limites accordées par l’impérialisme américain.