Au mois de mai, des commémorations ont eu lieu en Martinique et en Guadeloupe pour rendre hommage aux luttes de nos ancêtres qui ont été réduits en esclavage pendant deux siècles.
À Saint-Domingue, dans la nuit du 22 au 23 août 1791, à Bois Caïman, les esclaves de trois plantations se révoltèrent et attaquèrent les riches habitations des colons, prenant le contrôle de la plaine du Nord. C’est cette grande révolte à Saint-Domingue pour la liberté qui ouvrit la voie à la révolte généralisée dans la colonie en août 1793 et qui fut contagieuse dans de nombreux pays de la Caraïbe. La Convention française se verra contrainte de proclamer l’abolition juridique à toutes les colonies en 1794. Mais en 1802, Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage. En Martinique, le 22 mai 1848 ce fut l’insurrection et en Guadeloupe les troupes venues rétablir l’esclavage se sont heurtées à des officiers rebelles.
C’est grâce à l’esclavage que la bourgeoisie s’est en bonne partie enrichie, grâce au commerce triangulaire. Les produits issus du travail des esclaves ont fait la richesse des ports négriers de Nantes, de Bordeaux, de La Rochelle entre autres. Ces profits produits avec le sang et la sueur de millions de Noirs réduits en esclavage ont permis à la bourgeoisie d’accumuler des capitaux en Europe et aux États-Unis.
L’esclavage sera officiellement aboli en 1848 en France. Mais ce sont surtout les esclaves qui ont arraché leur liberté à l’exemple du soulèvement du 22 mai 1848 en Martinique.
Aujourd’hui l’esclavage du passé a laissé place à un nouvel esclavage moderne, celui du salariat. Une fois vendu, l’esclave appartenait au maître. Ce dernier avait droit de mort sur lui. Le salarié, lui, doit vendre chaque jour, voir chaque heure, sa force de travail pour un patron. Il reçoit en échange un salaire. Karl Marx a démontré dans « Le Capital » que le patron (le capitaliste) lui vole une partie de son salaire. Un travailleur est embauché pour 8 heures de travail par jour moyennant un salaire qui lui permet de restaurer sa force de travail, c’est-à-dire de venir travailler le lendemain et de se reproduire pour fournir de nouveaux exploités aux capitalistes. Mais la valeur journalière de sa nourriture, de son loyer etc. c’est-à-dire ce qu’il perçoit sous forme de salaire équivaut à ce qu’il produit en 3 ou 4 heures. Le travail réalisé pendant les 4 heures ou 5 heures restantes ou bien plus est donc du travail gratuit. Ce travail gratuit c’est la plus-value. C’est donc grâce à l’exploitation de ses salariés à cet immense vol de la force de travail des ouvriers que les capitalistes font d’énormes profits.
Les bourgeoisies d’aujourd’hui aiment à déclarer que les richesses et les capitaux en leur possession sont le fruit de leur travail. Elles oublient de préciser que ce n’est pas le leur mais celui de leurs esclaves dans les colonies hier et esclaves salariés aujourd’hui.
Aux Antilles un bon nombre de capitalistes békés d’aujourd’hui sont les héritiers d’ancêtres esclavagistes. Ils contrôlent la quasi-totalité des richesses qui leur viennent de cette époque.
Tout comme l’ont fait les esclaves par le passé qui se sont libérés de leurs chaînes en prenant les armes, nous, esclaves salariés des Antilles et de France devront suivre cet exemple pour nous délivrer des chaînes de l’exploitation capitaliste. C’est-à-dire qu’il faudra renverser le capitalisme et récupérer toutes les richesses produites par les milliards d’exploités de par le monde pour l’ensemble de la société et non pour une poignée de profiteurs. Comme disait Marx : « Les prolétaires n’y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » Les prolétaires n’ont pas de patrie !