CO N°1375 (18 juillet 2026) – Éditorial – Ils préparent la guerre, préparons la riposte !

Guerre un jour, cessez-le-feu le lendemain : au Moyen-Orient, Trump et la plus grande puissance impérialiste du monde entretiennent un climat de guerre permanent. Depuis l’offensive contre l’Iran, le président des USA, président de la bourgeoisie mondiale, multiplie les annonces contradictoires sur le détroit d’Ormuz. Les travailleurs, eux, paient le prix.

Les tensions autour du détroit d’Ormuz, par où transite près de 20 % du pétrole mondial, ont fait flamber les cours. Comme toujours, les prix montent rapidement à la pompe mais redescendent beaucoup plus lentement. Le lundi 13 juillet, les hostilités ont repris près du détroit après l’attaque d’un méthanier qatari.

Ce sont, une fois de plus, les travailleurs qui encaissent les changements de prix à la pompe, en hausse, pendant que les compagnies pétrolières s’enrichissent à l’instar de TotalEnergies qui a réalisé près de 5 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre 2026, profitant de la hausse des prix de l’énergie.

Dans le même temps, les gouvernements expliquent qu’il faudrait « faire des économies ». En France, plusieurs dizaines de milliards d’euros de réductions budgétaires sont annoncés au nom de la maîtrise des finances publiques, alors que le budget militaire augmente. La loi de programmation militaire prévoit déjà 413 milliards d’euros entre 2024 et 2030 et le budget annuel des Armées dépassera 57 milliards d’euros. L’argent existe donc. Mais il est dirigé vers les industries d’armement et les intérêts stratégiques de l’État plutôt que vers les besoins de la population. Ce sont les industriels de l’armement qui raflent le pactole, notamment Dassault et Thales qui produisent Rafales et autres engins de mort. Quand on sait qu’il faudrait  « seulement » 3 milliards pour réparer le réseau d’eau en Guadeloupe, il y a de quoi être en colère.

Pendant que les milliards affluent vers le grand capital, la pauvreté continue de gagner du terrain. En France métropolitaine, 15,4 % de la population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, soit près de 9,8 millions de personnes. En Guadeloupe, l’INSEE a compté environ 34 % de personnes sous le seuil de pauvreté et 27 % en Martinique.

Les difficultés quotidiennes s’accumulent. En Martinique, les transports publics sont souvent à l’arrêt. Le président de la CTM, Serge Letchimy, invoque des difficultés financières. Mais le transport public en Martinique ne fonctionne pas car il est géré par des sous-traitants pour être rentables au lieu d’être organisé comme un véritable service public avec les moyens financiers nécessaires.

À cela s’ajoute le problème des sargasses. En Guadeloupe comme en Martinique, les riverains subissent depuis des années les émanations toxiques de sargasses, avec des conséquences sur leur santé. Au Robert, la mobilisation des habitants a permis d’obtenir l’ouverture d’un centre de répit climatisé pour les personnes les plus exposées. C’est une première victoire, mais le problème est loin d’être réglé. Les barrages routiers organisés depuis début juillet par des habitants du Robert en colère montrent qu’ils refusent de subir sans réagir.

Les travailleurs donnent eux aussi l’exemple. Les salariés de Transaglo poursuivent leur combat après plus de cent jours de grève. Les postiers de Martinique et de Guadeloupe ont dénoncé la dégradation de leurs conditions de travail et le manque d’effectifs.

Pendant que l’État trouve des milliards pour les armées, il prétend qu’il n’y en a plus pour l’eau, les transports, les écoles ou les hôpitaux. Les mobilisations des habitants du Robert, des salariés de Transaglo ou des postiers montrent qu’une autre voie existe.

Seule la lutte collective des travailleurs et de la population laborieuse permettra d’imposer que les richesses servent aux besoins de la population plutôt qu’à enrichir une minorité de capitalistes et à faire la guerre.